A l’approche du congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), prévu les 25, 26 et 27 mars prochains, le débat sur l’avenir de l’organisation s’intensifie. Selon Noureddine Chmengui, ancien dirigeant syndical et porte-parole de l’Initiative syndicale pour la révision et la réforme, le secrétaire général Noureddine Taboubi s’est engagé à ne pas se porter candidat à un nouveau mandat. En parallèle, plusieurs propositions de réforme du règlement intérieur sont actuellement à l’étude.
Une réforme du règlement intérieur en préparation
Dans une déclaration à Mosaïque FM, Chmengui a indiqué que la commission chargée de préparer les motions du congrès a reçu des propositions sérieuses visant à réviser le règlement intérieur de la centrale syndicale. Parmi elles, figure notamment la révision de l’article 20, qu’il estime responsable d’avoir conduit l’organisation dans une « impasse démocratique », en empêchant une alternance normale et apaisée au sein des structures.
Un autre axe de réforme porte sur l’instauration d’une administration indépendante chargée de la gestion administrative et financière. Cette mesure viserait à soustraire les dossiers des finances et des adhésions aux pressions et aux rapports de force internes, et à instaurer davantage de transparence et de gouvernance démocratique au sein de l’UGTT.
La commission du règlement intérieur a également reçu une proposition concernant la levée du gel et des sanctions infligées à plusieurs syndicalistes à la suite des conflits internes ayant secoué l’organisation. La décision finale devrait être prise lors du congrès, ce qui permettrait à toute personne remplissant les conditions de se porter candidate aux différentes responsabilités ouvertes à la compétition.
Taboubi s’engage à ne pas briguer de nouveau mandat
Selon Chmengui, le droit de se présenter concernerait aussi bien les opposants internes, que les personnes dont les sanctions seraient levées, ainsi que les membres actuels du bureau exécutif et des structures sectorielles et régionales.
« Je confirme sous ma responsabilité personnelle que le secrétaire général actuel, Noureddine Taboubi, ne se présentera à aucun poste lors du prochain congrès, après s’y être engagé devant un groupe de syndicalistes », a affirmé Chmengui dans une déclaration accordée aujourd’hui à Mosaique fm.
Pour Chmengui, l’UGTT traverse aujourd’hui une phase de quasi-paralysie dans la gestion de ses affaires, au point de menacer sa cohésion et son unité. Il a insisté sur la nécessité de « rendre l’organisation à ses véritables propriétaires » à travers le congrès, afin de sortir la centrale syndicale de ce qu’il a qualifié d’« état d’asphyxie ».
Ouverture des candidatures
L’UGTT a lancé, vendredi dernier, le processus de candidature pour le bureau exécutif national, la commission du règlement intérieur et la commission de contrôle financier, à l’occasion du 26ᵉ congrès ordinaire prévu les 25, 26 et 27 mars 2026 à Tunis.
Ce Congrès, très attendu, intervient dans un contexte tendu au sein de l’UGTT, la centrale syndicale étant confrontée depuis plusieurs mois à une accumulation de tensions internes et externes.
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