Le déficit commercial de la Tunisie a atteint 20,997 milliards de dinars à fin septembre 2026, contre 16,727 milliards un an auparavant. La hausse plus rapide des importations et l’aggravation du déficit énergétique accentuent le déséquilibre des échanges extérieurs, malgré la progression des exportations.
Le commerce extérieur tunisien continue de se dégrader. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS), publiées le 12 octobre, le déficit commercial s’est creusé de 4,270 milliards de dinars sur les neuf premiers mois de 2026. Dans le même temps, le taux de couverture des importations par les exportations a perdu 2,9 points, passant de 73,5% à 70,6%.
Des importations qui progressent plus vite que les exportations
Entre janvier et septembre, les exportations tunisiennes ont atteint 50,400 milliards de dinars, en hausse de 8,6% par rapport à la même période de 2025. Les importations ont, elles, progressé de 13,1%, pour s’établir à 71,397 milliards de dinars.
L’écart entre ces deux rythmes explique une grande partie de la dégradation du solde commercial. En valeur, les exportations ont augmenté d’environ 3,980 milliards de dinars en un an, tandis que les importations ont progressé de 8,250 milliards.
La hausse des achats extérieurs concerne toutes les catégories de produits. Les importations énergétiques ont augmenté de 32%, celles des produits alimentaires de 16,3%, tandis que les matières premières et demi-produits ont progressé de 9,6%. Les biens de consommation et les biens d’équipement ont enregistré des hausses respectives de 9,5% et de 6,3%.
L’énergie absorbe près de la moitié du déficit
La balance énergétique constitue le principal point de fragilité des échanges extérieurs. Son déficit a atteint 10,480 milliards de dinars à fin septembre, contre 8,106 milliards durant les neuf premiers mois de 2025, soit une aggravation de 29,2%.
À elle seule, cette composante représente près de la moitié du déficit commercial total. Hors énergie, le déficit s’établit à 10,517 milliards de dinars. Les matières premières et demi-produits contribuent également au déséquilibre, avec un solde négatif de 5,242 milliards de dinars, devant les biens d’équipement (3,423 milliards) et les biens de consommation (2,772 milliards).
L’agroalimentaire soutient les exportations
Du côté des exportations, les industries agroalimentaires affichent une progression de 20,3%, portée notamment par la hausse des ventes d’huile d’olive. Les industries mécaniques et électriques avancent de 9,9%. Les exportations énergétiques augmentent également de 43,1%, sous l’effet de la progression des ventes de produits raffinés.
Cette dynamique reste toutefois contrastée. Les exportations des mines, des phosphates et de leurs dérivés ont reculé de 16,5%, tandis que celles du textile, de l’habillement et du cuir ont diminué de 4,7%.
Le secteur alimentaire demeure néanmoins un point positif : il dégage un excédent commercial de 919 millions de dinars environ.
A fin septembre, la progression des exportations ne suffit donc pas à compenser celle des importations. Le creusement du déficit énergétique et le recul du taux de couverture illustrent la persistance du déséquilibre commercial tunisien.
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