La commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement à l’Assemblée des représentants du peuple s’apprête à ouvrir un nouveau cycle de concertations sur l’avenir énergétique du pays au coeur d’un contexte international instable.
Son rapporteur, Mohamed Ali Fannira, a annoncé, lundi 23 mars 2026, une série de réunions avec le ministre de l’Industrie et de l’Énergie ainsi qu’avec les principaux acteurs économiques, afin d’examiner les défis structurels du secteur.
Lors de son intervention sur les ondes de Radio Express FM, il a dressé un constat préoccupant : la production nationale de petrole et de gaz poursuit sa tendance baissière, année après année. Cette érosion des ressources conventionnelles contraste avec une orientation stratégique vers les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire. Toutefois, selon lui, cette transition énergétique avance à un rythme jugé insuffisant, en particulier dans le tissu industriel.
Pressions internationales et incertitudes budgétaires
Dans un contexte international marqué par la volatilité des prix de l’énergie, la hausse continue des cours du pétrole pourrait contraindre l’État tunisien à recourir à une loi de finances complémentaire. L’objectif serait d’absorber les répercussions budgétaires liées à l’alourdissement de la facture énergétique.
Cette situation est exacerbée par les tensions géopolitiques, notamment la crise entre les États-Unis et l’Iran, qui pèse sur les marchés mondiaux. Donald Trump a d’ailleurs annoncé, le même jour, une trêve temporaire de cinq jours concernant d’éventuelles frappes visant les infrastructures énergétiques iraniennes, laissant entrevoir une possible désescalade à court terme.
Pas d’augmentation immédiate
Mohamed Ali Fannira a précisé que la hausse des prix de l’énergie a déjà des répercussions directes sur les coûts de production et les prix des biens dans plusieurs secteurs. Malgré ces pressions, une augmentation des prix des carburants en Tunisie n’est pas envisagée dans l’immédiat. Les autorités préfèrent observer l’évolution de la situation internationale dans les prochains jours avant de trancher.