La relation entre la Tunisie et la Banque mondiale entre dans une nouvelle phase. La préparation du prochain Cadre de partenariat pays (CPP) s’accompagne désormais d’un objectif plus immédiat : accélérer la mise en œuvre des projets déjà financés, alors que le portefeuille de la Banque en Tunisie représente près de 13,9 milliards de dollars d’engagements cumulés.
Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a abordé cette question mercredi 7 octobre avec Alex Kremer, nouveau directeur du bureau du Groupe de la Banque mondiale en Tunisie. La rencontre intervient quelques jours après la prise de fonctions du responsable, qui supervise désormais les activités de la BIRD, de la SFI et de la MIGA dans le pays.
Passer du financement à l’exécution
Le message tunisien est particulièrement clair : il ne s’agit plus seulement de diversifier les domaines de coopération, mais aussi d’améliorer la coordination avec la Banque afin de faire avancer plus rapidement les projets financés.
L’enjeu est significatif. Selon les données de la Banque mondiale, son portefeuille tunisien comptait 169 projets pour un montant total d’engagements de 13,919 milliards de dollars au 31 août 2026. Ce montant correspond aux engagements cumulés du portefeuille et non à de nouveaux financements annoncés lors de la rencontre.
La dynamique se poursuit d’ailleurs sur plusieurs secteurs stratégiques. En mars dernier, la Banque mondiale a approuvé deux projets consacrés à la sécurité hydrique et à l’agriculture irriguée, pour un engagement total de 332,5 millions de dollars.
Le plus important, doté de 208,5 millions de dollars, doit notamment renforcer les services d’eau potable, développer les compteurs intelligents et réhabiliter des réseaux de distribution. Un second projet de 124 millions de dollars vise l’irrigation et la modernisation des infrastructures agricoles.
Le prochain cadre se prépare déjà
Cette accélération intervient alors que le CPP 2023-2027 arrive progressivement à son terme. Le cadre actuel fixe notamment comme priorités la création d’emplois de qualité, le renforcement du capital humain, la résilience climatique et la transition écologique.
La prochaine étape consistera donc à définir les priorités du futur partenariat. Pour Alex Kremer, la Banque mondiale veut intensifier la coordination avec les autorités tunisiennes et poursuivre son soutien aux réformes ainsi qu’aux objectifs de développement économique et social.
Cette nouvelle séquence intervient dans un contexte où la Banque mondiale insiste de plus en plus sur la nécessité d’investissements structurants, notamment dans l’eau. Dans son dernier bulletin consacré à la Tunisie, publié en septembre, elle estime que le déficit hydrique pourrait réduire le PIB de 6,4% d’ici 2050 en l’absence d’adaptation suffisante.
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