En déplacement dans plusieurs régions sinistrées, le président Kaïs Saïed a vivement mis en cause les pratiques de corruption, les défaillances dans les études techniques et la prolifération des constructions illégales, qu’il considère comme des facteurs majeurs ayant aggravé les dégâts des récentes inondations.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a effectué une série de déplacements sur le terrain, mardi et dans la nuit de mardi à mercredi, dans plusieurs régions touchées par les inondations. Ces visites visaient à s’enquérir de la situation, évaluer l’ampleur des dégâts et suivre de près la mobilisation des autorités face à une crise qualifiée d’exceptionnelle par le chef de l’État comme le rapporte une vidéo publiée par la page Facebook de la Présidence de la République.
Lors de ses échanges avec les responsables régionaux, notamment avec la gouverneure de Nabeul, le président a longuement évoqué les causes structurelles qui, selon lui, expliquent la gravité des dommages enregistrés.
Une mise en cause directe de la corruption et des dérives urbanistiques
Pour Kaïs Saïed, l’infiltration massive des eaux dans les habitations et l’ampleur des dégâts ne relèvent pas du seul facteur climatique. Il a estimé que la situation actuelle est le résultat d’un enchevêtrement de pratiques de corruption, de dossiers techniques défaillants et de la multiplication de constructions érigées en dehors de tout cadre légal.
Le chef de l’État a également pointé du doigt des irrégularités et des actes de falsification dans certaines études techniques réalisées par le passé, considérant que ces manquements ont contribué à fragiliser les infrastructures et à amplifier les conséquences des intempéries.
Dans ce contexte, le président a insisté sur la nécessité de traiter en profondeur le dossier des constructions illégales et de procéder à la régularisation des situations qui peuvent l’être, tout en engageant des actions fermes contre les dépassements et les violations de la loi.
Il a affirmé que les problèmes actuels sont l’héritage de décennies de mauvaise gestion et de pratiques opaques, soulignant qu’aucune solution durable ne pourra être trouvée sans une véritable politique de reddition des comptes et sans l’établissement clair des responsabilités.
La priorité à la protection des citoyens
Face à l’ampleur de la catastrophe, Kaïs Saïed a rappelé que l’urgence absolue reste la protection des vies humaines. Il a appelé à la mobilisation de tous les moyens disponibles pour venir en aide aux populations touchées et limiter autant que possible les dégâts matériels.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs régions du pays continuent de faire face aux conséquences d’un épisode pluvieux exceptionnel, marqué par des inondations, des effondrements de bâtiments et d’importantes perturbations des infrastructures. Les autorités restent en état d’alerte, tandis que se pose de plus en plus la question de la résilience urbaine et de la gouvernance des projets d’aménagement.
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