Le projet d’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage revient au premier plan. Le ministre du Transport, Rachid Amri, a confirmé, dans une déclaration à Mosaïque FM, la poursuite des travaux préparatoires en vue du lancement prochain des chantiers, avec pour objectif de porter la capacité de l’aéroport à un volume compris entre 15 et 18 millions de passagers par an.
Cette annonce relance un dossier ancien, marqué par des reports successifs, des changements de priorités et un débat jamais tranché sur l’avenir même de la plateforme aéroportuaire de la capitale.
L’idée d’agrandir l’aéroport de Tunis-Carthage ne date pas d’hier. Dès le début des années 2010, les autorités tunisiennes alertaient sur la saturation progressive de l’infrastructure, conçue initialement pour un trafic bien inférieur aux flux enregistrés avant la pandémie de Covid-19.
Un projet d’extension pensé depuis plus d’une décennie
Plusieurs études avaient alors été lancées, notamment avec l’appui de bailleurs internationaux, pour moderniser les terminaux, optimiser les circuits passagers et renforcer les capacités opérationnelles. Malgré ces études, le projet est longtemps resté au stade de l’intention, freiné par des contraintes financières, des hésitations stratégiques et des priorités changeantes au sein des gouvernements successifs.
La crise sanitaire de 2020 a mis le dossier en veille, avant que la reprise graduelle du trafic aérien ne remette en évidence les limites structurelles de l’aéroport, tant en matière d’accueil que de fluidité.
Relocalisation : une option jamais abandonnée
Parallèlement à l’extension, la question du transfert de l’aéroport vers un autre site continue de se poser. Rachid Amri a réaffirmé que le projet de déplacement de l’aéroport de Tunis-Carthage demeure à l’ordre du jour, soulignant que l’État raisonne à moyen et long termes.
Cette option, évoquée à plusieurs reprises depuis les années 2000, repose sur des arguments urbanistiques et environnementaux. L’aéroport actuel est enclavé dans une zone densément urbanisée, limitant toute extension majeure et générant des nuisances sonores pour les riverains. Plusieurs sites potentiels avaient été étudiés par le passé, sans qu’aucun choix définitif ne soit acté.
Dans ce contexte, l’extension annoncée apparaît comme une solution transitoire, destinée à répondre à la demande croissante dans l’attente d’un éventuel nouveau hub aéroportuaire.
Le ministre du Transport a également insisté sur la poursuite des efforts visant à améliorer la situation des aéroports intérieurs. Une orientation stratégique qui s’inscrit dans une logique de rééquilibrage territorial et de soutien aux activités économiques régionales, notamment le tourisme, la logistique et l’investissement.
Longtemps sous-exploitées, ces infrastructures pourraient jouer un rôle complémentaire à Tunis-Carthage, à condition d’une meilleure connectivité aérienne et d’une intégration réelle dans les politiques de développement régional.
Entre urgence opérationnelle et vision stratégique
L’accélération annoncée du projet d’extension de l’aéroport de Tunis-Carthage répond à une urgence opérationnelle. Reste à savoir si cette relance s’accompagnera d’un calendrier précis et de financements clairement identifiés, conditions indispensables pour éviter que ce dossier structurant ne rejoigne, une fois de plus, la longue liste des projets reportés.
Entre modernisation de l’existant et projection vers un futur site, l’État tunisien se trouve face à un choix stratégique déterminant pour l’avenir du transport aérien national.
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