Le professeur tunisien Hechmi Louzir figure parmi les experts associés à la nouvelle Commission du Lancet sur les menaces mondiales pour la santé au XXIe siècle. Publiée le 11 octobre 2026 et présentée au Sommet mondial de la santé à Berlin, cette étude identifie 17 menaces susceptibles de peser sur la santé et la survie humaines d’ici à 2100.
La participation d’un scientifique tunisien à cette initiative internationale place la recherche nationale au sein d’un travail consacré aux grands risques sanitaires, environnementaux, sociaux et technologiques des prochaines décennies.
La Commission du Lancet sur les menaces mondiales pour la santé au XXIe siècle réunit 35 experts issus de différents domaines, notamment la médecine, l’économie, la sécurité, la gouvernance et les technologies. Ses travaux s’appuient sur des données historiques et des analyses de risques couvrant 204 pays et territoires, élaborées avec le concours de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME).
Dix-sept menaces à surveiller jusqu’en 2100
Parmi les risques identifiés figurent les pandémies naturelles, la résistance aux antimicrobiens, le changement climatique, la pollution de l’air, les conflits armés, la malnutrition infantile et l’obésité. L’étude prend également en compte les inégalités de revenus, le faible niveau d’instruction, la dégradation de la santé mentale et le recul de l’aide internationale au développement sanitaire.
Deux menaces retiennent particulièrement l’attention en raison de leur potentiel d’extinction : un conflit nucléaire et l’utilisation malveillante de l’intelligence artificielle. Les auteurs soulignent toutefois que ces risques ne doivent pas être considérés isolément, leurs effets pouvant se renforcer mutuellement.
L’objectif de la Commission n’est pas d’établir un classement définitif des dangers, mais de fournir aux décideurs un cadre commun pour anticiper les crises et orienter les politiques publiques, les investissements et l’innovation.
Agir avant que les risques ne deviennent des crises
Les experts préconisent trois axes d’action : renforcer la préparation des systèmes de santé, accélérer les investissements dans les innovations nécessaires et mettre en place un suivi régulier des menaces émergentes.
L’horizon retenu, de 2025 à 2100, vise à mesurer les conséquences possibles des décisions prises aujourd’hui sur la santé des générations futures. Les auteurs présentent plusieurs scénarios plausibles plutôt qu’une prédiction unique, en soulignant les incertitudes qui entourent certains risques.
Pour la Tunisie, la présence de Hechmi Louzir dans cette initiative constitue un point d’ancrage national dans un débat scientifique mondial. Les travaux de la Commission rappellent surtout que la prévention des crises sanitaires dépasse désormais le seul champ médical et suppose une coordination entre santé publique, environnement, économie, sécurité et technologie.
Lire aussi :