En recevant hier à Carthage les chefs de la diplomatie égyptienne et algérienne, Kaïs Saïed a recentré les échanges sur le dossier libyen, à l’heure d’une nouvelle séquence tripartite. Le président tunisien a réaffirmé son refus de l’internationalisation de la crise et plaidé pour un règlement strictement libyo-libyen.
Le président de la République a reçu au palais de Carthage les ministres des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelaaty, et algérien, Ahmed Attaf, dans un contexte dominé par la relance du mécanisme tripartite des pays voisins de la Libye. Au-delà du protocole et des échanges bilatéraux, le dossier libyen s’est imposé comme l’axe central et quasi exclusif des discussions.
Rejet frontal de l’internationalisation du dossier
Face à ses interlocuteurs, Kaïs Saïed a tenu à marteler une ligne constante : la crise libyenne ne relève ni d’un arbitrage international ni d’une gestion extérieure, mais d’un processus national qui doit rester entre les mains des Libyens.
Le chef de l’État a estimé que le traitement du conflit depuis plus d’une décennie n’a pas permis d’atteindre les objectifs fondamentaux de sécurité, d’unité et de stabilité, malgré les ressources humaines et matérielles dont dispose la Libye.
Selon lui, la multiplication des initiatives internationales et l’inscription répétée du dossier à l’agenda des grandes puissances n’ont fait que compliquer les équations et retarder l’émergence d’une solution durable.
Le dialogue comme outil, pas comme alibi
Kaïs Saïed a également tenu à préciser que les formats de concertation et les rencontres consultatives, aussi utiles soient-ils, ne doivent pas se transformer en fins en soi. Le dialogue, a-t-il souligné, ne vaut que s’il débouche sur des décisions concrètes prises par les Libyens eux-mêmes et dans l’intérêt exclusif de leur pays.
Dans cette logique, il a rappelé que seuls les Libyens sont légitimes pour trancher sur leur avenir politique, sans tutelle ni médiation imposée. Dans le prolongement de cette approche, le président de la République a réaffirmé la disposition de la Tunisie à accueillir une conférence nationale libyenne rassemblant l’ensemble des composantes politiques et sociales du pays.
L’objectif serait d’offrir un cadre neutre et ouvert permettant aux Libyens de définir librement les contours de leur avenir et de poser les bases d’un règlement politique durable, fondé sur la souveraineté, le consensus et la volonté populaire.
Lire aussi :
