L’affaire de l’ancien djihadiste tunisien Nizar Trabelsi est revenue au centre de l’actualité en Belgique ces derniers jours, après des révélations médiatiques sur le montant total des indemnités et astreintes que l’État belge a dû verser dans ce dossier, dépassant désormais 600 000 euros.
Ancien footballeur professionnel devenu membre d’Al-Qaïda, Trabelsi avait été condamné en 2003 en Belgique à dix ans de prison pour avoir préparé un attentat contre la base militaire de Kleine-Brogel, qui abrite des militaires américains.
Extradé en 2013 vers les États-Unis
Après avoir purgé sa peine, il a été extradé en 2013 vers les États-Unis à la demande de la justice américaine. Cette extradition a toutefois déclenché une longue bataille judiciaire. En 2014, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que la Belgique avait violé la Convention européenne des droits de l’homme en procédant à cette extradition malgré une décision judiciaire qui en suspendait l’exécution.
La juridiction européenne avait alors condamné la Belgique à verser des indemnités à Trabelsi pour préjudice moral et frais de justice. Par la suite, plusieurs décisions de tribunaux belges ont également imposé à l’État des astreintes financières pour ne pas avoir respecté certaines injonctions judiciaires, notamment celles liées à son rapatriement.
Au fil des années, l’accumulation de ces indemnités et pénalités a porté le total des sommes versées à plus de 600 000 euros, selon des médias belges. Ces paiements ne constituent pas une aide volontaire, mais la conséquence directe de décisions de justice sanctionnant le non-respect d’obligations juridiques par l’État.
Acquitté par un tribunal américain en 2023
Le dossier reste particulièrement sensible en Belgique. Après plus d’une décennie de détention aux États-Unis, Trabelsi a finalement été acquitté par un tribunal américain en 2023 avant de revenir en Belgique en 2025.
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La révélation du montant global des indemnités a relancé un débat politique dans le pays. Certains responsables dénoncent le coût financier de cette affaire, tandis que d’autres rappellent qu’il s’agit d’une conséquence du principe de l’État de droit et du respect des décisions de justice.