Les ateliers de selliers ressemblent souvent à des capharnaüms où chaque objet serait paradoxalement à sa place. L’antre de Mondher Boughariou ne déroge pas à cette tradition qui hésite entre désordre savant et pittoresque.
On y arrive en empruntant d’étroits escaliers qui débouchent sur une vaste salle, aussi sombre que regorgeant de matériaux et d’instruments. Mondher travaille ici, dans les venelles de la médina de Sfax, au lieu-dit Sabbat el bradaiya.
Il y cultive une tradition de haute mémoire, modelant le cuir et créant objets utilitaires et œuvres artisanales. Comptant parmi les derniers selliers de Sfax, Mondher s’inscrit dans la lignée des sarrajines et des sakkajines de la tradition.
Depuis les années soixante, Mondher Boughariou poursuit sa vocation et honore un métier qui lui a été transmis depuis l’enfance. Aujourd’hui, ce que ses mains font naître maintient un art de faire qui s’estompe mais demeure un héritage vivant.
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