Ce n’est qu’à Kairouan que les marchands de beignets continuent à officier à l’ancienne, assis en tailleur devant leur établi.
Entre la pâte à dompter et les éclats de l’huile de friture, ils sont impassibles, répétant des gestes précis, saluant les clients et veillant à la cuisson des beignets.
Aussitôt sortis de l’huile, les anneaux luisants sont placés sur un égouttoir puis, après un temps toujours trop long pour les gourmands, enveloppés dans du papier.
À Kairouan, le maître ftairi travaille à l’ombre des aïeux et, très tôt le matin, il attend sa clientèle et offre à qui le désire ses beignets croustillants, gages d’une journée qui commence à l’aune d’un petit-déjeuner immémorial.
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