Dans la médina de Tunis, la rue de l’Ancienne Douane est au cœur de la mémoire internationale de la ville. C’est là que se trouvait le quartier diplomatique et quelques uns des principaux consulats étrangers qui s’étendent jusqu’à la rue Zarkoun.
Aujourd’hui encore subsistent les traces fragiles des consulats français, américain, néerlandais ou allemand. Et le faste lointain de ce qui fut le noyau européen de la médina de Tunis.
C’est dans cette rue que se trouve le Café Hadj Ali, une enseigne qui fleure bon les troquets à l’ancienne avec ses plafonds hauts, ses joueurs de cartes et ses percolateurs.
Derrière son comptoir, Noureddine règne sur les lieux. Veste couleur grenat, le regard vif et toujours le mot pour rire, il sert le thé à la menthe et le café filtre ou express.
Dans ce bistrot, il n’y a que des habitués. Ils sont du quartier et ont leur salon ici. Ils reviennent tous les jours et la maison ne fait pas crédit. L’atmosphère est bon enfant avec le zeste de gouaille populaire qui va avec la médina.
Comme tous les garçons de café, Noureddine brasse des centaines d’histoires et cueille les jours comme ils viennent. Sait-il que tout autour de lui, les murs respirent le génie des lieux ? Sait-il que dans ces rues environnantes vivaient consuls, négociants et notables ?
Dans son estaminet de quartier, Noureddine rêve peut-être à l’histoire alors que filent les jours et l’onde sous nos ponts Mirabeau.
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