Jawher Haddaji, 25 ans, a participé au sauvetage de deux personnes âgées en situation de handicap lors d’un incendie à Pachino, en Sicile. Placé dans un centre de rétention, il fait l’objet d’une mobilisation pour obtenir un permis de séjour au titre de son acte de courage, alors qu’une mesure d’expulsion avait été prise avant les faits.
Un sauvetage qui a changé le cours de son dossier
Dimanche 11 octobre, en fin d’après-midi, un incendie s’est déclaré dans un appartement de Pachino, dans la province de Syracuse, en Sicile. Deux personnes âgées et handicapées se trouvaient à l’intérieur, incapables de se mettre seules à l’abri.
Jawher Haddaji est intervenu avec deux autres hommes. Selon le récit de son avocat, Salvatore Di Fede, les trois sauveteurs ont sorti une première personne sur un matelas utilisé comme brancard, avant de retourner dans le logement pour secourir la seconde. L’un d’eux aurait également contribué à mettre à l’extérieur une bouteille de gaz afin d’éviter une explosion.
Les personnes secourues ont survécu. Mais l’intervention a aussi conduit à l’identification des trois hommes par la police. Les vérifications ont révélé que le jeune Tunisien ne disposait pas d’un titre de séjour et faisait déjà l’objet d’un arrêté d’expulsion.
Une mesure d’expulsion prise avant l’incendie
D’après La Repubblica, la mesure visant Jawher Haddaji avait été prise en juillet 2026 par la Questure de Mantoue. Après son identification à Pachino, il a été transféré au centre de rétention pour étrangers de Milo, près de Trapani, où il attend l’évolution de sa situation.
La chronologie est importante : la procédure migratoire n’a pas été déclenchée par son geste de sauvetage. C’est l’identification effectuée après l’incendie qui a remis sa situation administrative au premier plan.
La police lui attribue plusieurs antécédents judiciaires, selon le quotidien italien. Son avocat conteste cette présentation et a demandé à consulter les documents administratifs afin d’en vérifier le contenu. Ces éléments restent donc à distinguer des faits rapportés concernant le sauvetage.
L’avocat invoque un permis pour acte de valeur civile
Salvatore Di Fede demande aux autorités d’examiner la possibilité d’accorder à son client un titre de séjour au titre de l’article 42-bis du texte italien sur l’immigration. Cette disposition prévoit un permis temporaire pour les personnes ayant accompli des actes de particulière valeur civile, sous réserve des conditions applicables.
Le défenseur a adressé une demande à la Questure et au préfet de Syracuse. Selon La Repubblica, la première réponse de la Questure a été négative : l’administration a indiqué que la demande ne pouvait pas être acceptée, en renvoyant à une procédure administrative concernant le jeune homme. L’avocat réclame l’accès au dossier et entend poursuivre ses démarches.
Une mobilisation pour réexaminer sa situation
L’affaire suscite une mobilisation locale et politique. Des représentants du Mouvement 5 étoiles à Syracuse, des enseignants, des avocats et des membres de la société civile appellent les autorités à réexaminer le dossier en tenant compte du sauvetage.
L’une des personnes secourues se serait également déclarée prête à témoigner en faveur de Jawher Haddaji et à lui proposer un contrat de travail, selon le quotidien italien.
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