La grève nationale du secteur du transport non régulier est bel et bien maintenue pour le 27 avril. L’annonce a été confirmée sur Express FM par Moez Sellami, président de la Chambre nationale des chauffeurs de taxis individuels et vice-président de la Fédération nationale du transport. Le mouvement intervient dans un climat de rupture avec les autorités, sur fond de non-application d’accords signés et de revendications restées sans suite.
Une grève maintenue malgré les appels au dialogue
Selon Moez Sellami, la décision de maintenir la grève découle directement du non-respect de l’accord signé le 22 janvier 2026 entre les représentants du secteur et les autorités de tutelle. Plusieurs engagements contenus dans ce compromis n’auraient, à ce jour, pas été appliqués.
Cette mobilisation devrait toucher plusieurs segments du transport non régulier, avec un impact attendu sur les déplacements quotidiens à travers le pays. Les professionnels parlent d’un point de rupture, estimant que les promesses faites n’ont pas été suivies de mesures concrètes.
Des réformes réglementaires toujours bloquées
Au centre des revendications figure la révision de la loi n°2004-33 du 19 avril 2004, encadrant le transport terrestre. Initialement prévue pour mars 2026, cette réforme est jugée urgente par les professionnels, qui estiment que le texte ne correspond plus aux réalités actuelles du secteur.
Autre dossier sensible : les cahiers des charges des stations de louage. Une nouvelle version avait été annoncée, mais elle n’a toujours pas été officiellement adoptée ni mise en application. Ce retard entretient, selon les opérateurs, un flou juridique qui pénalise l’organisation du secteur et les conditions de travail.
Tarification et coûts : un déséquilibre dénoncé
La question de la révision des tarifs reste également au point mort. Une actualisation était attendue pour mars 2026, mais aucune mesure n’a été prise à ce jour.
Les professionnels dénoncent un écart devenu critique entre les coûts d’exploitation — notamment le carburant, l’entretien et les charges diverses — et les tarifs appliqués, jugés insuffisants pour garantir la viabilité économique de l’activité.
Le débat sur les applications de transport
Parmi les points les plus controversés évoqués par Moez Sellami figure l’usage des applications de transport. Il estime que les chauffeurs de taxi utilisant ces plateformes sont aujourd’hui pénalisés, dénonçant une situation qu’il juge injuste.
Une lecture qui mérite toutefois d’être replacée dans un cadre plus large. Dans de nombreux pays, ces applications ont été conçues comme des plateformes de mise en relation destinées à des conducteurs opérant hors du cadre classique du transport réglementé. Elles ne constituent pas, à l’origine, un outil destiné aux professionnels déjà soumis à une réglementation stricte.
Dans cette perspective, l’application des règles actuelles vise à éviter un brouillage entre deux modèles distincts : d’un côté un transport public encadré, de l’autre des services flexibles reposant sur des statuts différents. L’enjeu est donc autant réglementaire qu’économique, avec la nécessité de préserver une cohérence dans l’organisation du secteur.