Le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi a annoncé avoir transmis 72 plaintes à la justice contre des structures illégales de recrutement à l’étranger, accusées d’escroquer des jeunes Tunisiens avec de fausses promesses d’embauche. L’annonce a été faite ce vendredi à l’Assemblée des représentants du peuple par le ministre Riadh Chaoued, lors d’une séance plénière consacrée aux questions liées à l’emploi et à la migration professionnelle.
Selon les chiffres communiqués, 21 plaintes ont été déposées en 2024 et 51 en 2025, visant des bureaux anarchiques soupçonnés de proposer de faux contrats de travail hors du pays.
Des réseaux qui exploitent la détresse des demandeurs d’emploi
Le ministre a expliqué que ces structures opèrent en dehors de tout cadre légal, en profitant de la vulnérabilité de nombreux jeunes en quête d’opportunités à l’international. Moyennant des frais ou de fausses garanties, ces bureaux promettent des postes à l’étranger qui s’avèrent inexistants une fois les démarches engagées.
Le ministre a souligné que ce phénomène constitue une menace sérieuse pour les candidats au départ, certains dossiers relevant, selon ses termes, de pratiques assimilables à la traite des êtres humains.
Coordination avec l’Intérieur et renforcement juridique
Face à l’ampleur du phénomène, le ministère affirme agir en coordination étroite avec le ministère de l’Intérieur ainsi qu’avec le contentieux de l’État, afin d’identifier les réseaux impliqués et d’engager les poursuites nécessaires.
Riadh Chaoued a également appelé les jeunes à vérifier systématiquement l’authenticité des offres d’emploi internationales via les plateformes officielles du ministère, seul canal fiable pour consulter les contrats validés.
Dans le même contexte, il a révélé qu’un projet de loi est en préparation pour durcir les sanctions contre les auteurs de ces fraudes, avec l’objectif de mieux protéger les demandeurs d’emploi et de démanteler ces circuits clandestins.
Cette sortie du ministre intervient dans un contexte où les arnaques liées à l’emploi à l’étranger se multiplient, alimentées par la pression du chômage et l’attrait croissant pour les marchés du travail européens et du Golfe.