La Confédération tunisienne des sages-femmes (CTSF) a renouvelé, mardi, son appel au ministère de la Santé pour l’ouverture d’un dialogue institutionnel « constructif et responsable » afin de trancher définitivement la question de l’intitulé professionnel des sages-femmes diplômées avant 2022. L’organisation plaide pour une régularisation claire et équitable, conforme au cadre juridique et à la réalité du terrain. Elle affirme inscrire sa démarche dans le respect de l’État de droit et des principes constitutionnels.
Une harmonisation jugée nécessaire
Dans un communiqué publié sur sa page officielle, la CTSF précise que ses revendications ne relèvent pas d’une logique corporatiste, mais visent à corriger une incohérence persistante entre l’intitulé figurant sur les diplômes et documents administratifs, la formation universitaire effectivement suivie et les compétences légalement reconnues.
Dans une déclaration à l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), la présidente de la confédération, Saïda Frayou, a appelé à la révision et à l’unification de l’intitulé professionnel pour toutes les diplômées d’avant 2022. Cette année-là a été instauré un parcours académique officiellement désigné sous l’appellation « sage-femme », en remplacement de l’ancien intitulé fonctionnel « technicien supérieur en obstétrique ».
La Tunisie compte environ 3000 sages-femmes, dont près de 2500 demeurent classées sous l’ancienne appellation. Pour la CTSF, leur reconnaissance officielle sous le titre unifié de « sage-femme » est essentielle pour garantir une identité professionnelle stable et juridiquement cohérente.
Des répercussions à l’international
Selon la responsable, cette discordance administrative engendre des difficultés pour certaines professionnelles à l’étranger. Des sages-femmes titulaires de l’ancien statut auraient été affectées à des tâches infirmières ne correspondant ni à leur formation ni à leurs compétences, les contraignant parfois à interrompre prématurément leur expérience professionnelle hors du pays.
La CTSF rappelle avoir adressé deux courriers au ministre de la Santé : le premier le 16 juillet 2025, resté sans réponse, et un second envoyé lundi. La confédération y demande la révision des diplômes et documents administratifs délivrés avant 2022 afin qu’ils reflètent fidèlement la réalité professionnelle, le cadre juridique et la formation académique spécialisée des sages-femmes tunisiennes.
L’organisation souligne que la profession de sage-femme en Tunisie est réglementée de longue date, notamment depuis le décret beylical du 15 juin 1888 organisant l’exercice de la médecine, de la chirurgie et de l’art des accouchements.