Maria Dubin est une artiste danoise qui a longtemps travaillé en Tunisie où elle continue à exposer régulièrement, notamment à la galerie Fahrenheit à Carthage.
Artiste conceptuelle, Maria Dubin a également travaillé dans plusieurs pays aussi divers que la Bulgarie et le Cap Vert, la France et la Serbie et les USA. Dubin a passé de nombreuses années en Tunisie, au tournant du nouveau siècle. A cette époque, elle avait aussi exposé à plusieurs reprises.
Ainsi, c’est le Musée de Sidi Bou Said qui accueillait sa première exposition tunisienne en 1998 sous le titre « La Madone, le Poisson et le Dragon ». Après ce premier succés, elle exposera d’autres collections à la galerie Cherif Fine Arts, chez Mohamed Ali Essaadi et à la librairie Mille Feuilles.
Le séjour tunisien de Maria Dubin avait alors été couronné par une très grande exposition organisée à la Maison des Arts du Belvédère. D’ailleurs, les visiteurs de cette galerie du ministère de la Culture apercoivent en y entrant des boules de céramique bleue qui y sont depuis l’exposition Dubin. L’artiste avait en effet parsemé la galerie de ces boules réalisées à l’atelier de Sidi Kacem puis les avait offertes à l’espace. Quinze ans plus tard, elles y sont encore et font désormais partie de l’identité de la galerie.
L’exposition Dubin avait eu lieu en décembre 2000 et s’intitulait « Bateau Espoir ». S’inspirant des mosaiques du musée du Bardo où elle était en résidence artistique, Dubin a recréé l’univers des « pictor imaginarius » avec des tesselles multicolores et une approche qui, tout en reprenant le contenu de certaines mosaiques marines, les bouleversait totalement.
L’exposition avait connu un grand succés et une vibrante cérémonie de décrochage des oeuvres avec la participation de nombreux artistes tunisiens et aussi de musiciens et de critiques. Pour Dubin, ce fut le dernier acte artistique de son séjour tunisien. Toutefois, l’association d’amitié tuniso-scandinave l’honorera ensuite du Prix Tunisie-Scandinavie en 2001.
Maria Dubin a depuis poursuivi son parcours essentiellement en Europe avec une option pour les peintures murales dont elle a réalisé plusieurs en Belgique et en Bulgarie. Ces fresques gigantesques ( 16 mètres sur 4 pour celle de Bruges en Belgique) comptent aussi parmi les idées qu’elle pourrait mettre en oeuvre en Tunisie en puisant dans le répertoire de la céramique et de la mosaique.
Très connue et appréciée en Europe, Maria Dubin s’inscrit aussi dans une longue lignée d’artistes scandinaves, essentiellement danois et suédois, qui ont visité la Tunisie pour y créer des oeuvres plastiques, depuis le milieu du dix-neuvième siècle. Citons parmi ces artistes, Theodor Esbern Philipsen qui, proche des impressionnistes et fasciné par la couleur, a visité la Tunisie en 1882.
Proche des impressionnistes et fasciné par la couleur, Theodor Esbern Philipsen a visité la Tunisie en 1882. Il reste de ce voyage d’artiste quelques tableaux qui se trouvent dans des musées danois.
Né à Copenhague en 1840, Philipsen y est aussi décédé en 1920. Il compte parmi les nombreux peintres danois et scandinaves à avoir peint la Tunisie de la fin du dix-neuvième siècle.
Citons également Charles Hinne ( 1854 – 1924 ), Ebbe Kornerup (1874-1957) ou encore Karl Adser, né en 1912 et décédé en Tunisie en 1995.
Cette présence des artistes danois et scandinaves en Tunisie constitue une vibrante généalogie pour l’œuvre présente de Maria Dubin qui plonge également ses racines dans la postérité fertile de Henry Brokman Knudsen ( 1868 – 1933 ), Niels Frederik Schiøttz-Jensen ( 1855-1941 ) ou Niels Simonsen, artistes danois qui vécurent également au Maghreb.
Avec une présence artistique active d’une trentaine d’années, Maria Dubin constitue un exemple fascinant de l’attrait du Maghreb pour les artistes danois qui se sont tout autant déployés en Egypte, en Turquie et au Levant.
Avec Dubin, la Tunisie gagne une ambassadrice culturelle de haut niveau dans les pays scandinaves, avec un espoir de voir se raffermir la coopération culturelle et touristique entre la Tunisie et cette région de l’Europe. Mieux, grâce à cette généalogie, cette artiste singulière ouvre par ricochet une large fenêtre sur la présence des peintres danois et scandinaves dans notre région.