À l’approche du mois saint, le ministère des Affaires religieuses annonce un programme d’envergure : plus de 90 000 activités seront organisées à travers le pays durant le Ramadan 2026. Une mobilisation qui dépasse le cadre strictement cultuel et pose la question du rôle social, éducatif et médiatique des institutions religieuses.
L’annonce a été faite lundi 16 février par Saliha Msallama, directrice des études au sein du Ministère des Affaires religieuses, lors d’un colloque scientifique organisé à l’occasion du mois sacré. Dans une déclaration accordée à Radio Nationale Tunisienne, la responsable a détaillé un programme dense et diversifié.
Un Ramadan structuré autour du savoir
Les activités prévues couvrent un large éventail : journées d’étude, commémorations religieuses – notamment l’ouverture de La Mecque, la Nuit de la Révélation et la bataille de Badr – ainsi qu’un renforcement des cours de sensibilisation dans les mosquées, à raison de quatre leçons quotidiennes. Un accent particulier sera également mis sur la valorisation des figures issues de la tradition zitounienne.
Cette programmation traduit une volonté de faire du Ramadan un espace d’encadrement spirituel mais aussi d’éducation religieuse structurée. Le rythme soutenu des enseignements vise à renforcer les référents doctrinaux et à consolider une pratique religieuse encadrée, dans un contexte où les discours circulent massivement sur les réseaux sociaux, parfois sans médiation savante.
Un déploiement médiatique significatif
Au-delà des mosquées, des programmes religieux spécifiques seront diffusés sur les radios et les chaînes de télévision nationales. Ce volet médiatique ouvre un autre horizon : celui de la concurrence des contenus religieux dans l’espace public. Face à la multiplication des prédicateurs en ligne et à la fragmentation des sources d’autorité, l’État semble chercher à réinvestir le champ de la production symbolique durant le mois le plus suivi de l’année.
Pour les citoyens, cette offre élargie représente une opportunité d’accès à des contenus encadrés, qu’il s’agisse de conférences, d’explications doctrinales ou d’émissions spécialisées. Elle pose également la question de la réception : quels publics seront touchés ? Les jeunes, très présents sur les plateformes numériques, adhéreront-ils aux formats proposés ?
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