Au lendemain des inondations meurtrières provoquées par la tempête Harry, Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord appelle les grands émetteurs historiques de gaz à effet de serre à financer l’adaptation climatique et à accélérer la sortie des énergies fossiles, estimant que la Tunisie paie le prix d’une crise qu’elle n’a presque pas causée.
L’organisation Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord a lancé un appel pressant aux pays et acteurs industriels historiquement responsables des émissions de gaz à effet de serre, les exhortant à assumer leur part dans les dégâts causés par les catastrophes climatiques répétées. Selon l’ONG, les pertes humaines et matérielles enregistrées en Tunisie après la tempête Harry illustrent une fois de plus le coût croissant du dérèglement climatique pour des pays faiblement émetteurs.
Les inondations qui ont frappé plusieurs régions ont fait plusieurs victimes, provoqué des déplacements de populations et causé d’importants dommages aux infrastructures, après des pluies d’une intensité exceptionnelle qui ont paralysé de vastes zones du pays.
« Une tragédie qui se répète »
Pour Greenpeace, ces événements ne relèvent plus de l’exceptionnel. Kenzie Azmi, responsable régionale des campagnes au sein de l’organisation, a estimé que la région fait face à une répétition de scénarios destructeurs directement liés au changement climatique, appelant à rompre avec la logique de reconstruction perpétuelle après chaque catastrophe.
Elle souligne que les communautés locales subissent les conséquences d’une crise à laquelle elles ont très peu contribué, rappelant que la part de la Tunisie dans les émissions mondiales cumulées de dioxyde de carbone reste marginale, loin derrière celle des grandes puissances industrielles.
L’ONG met l’accent sur l’urgence de mobiliser des financements dédiés à l’adaptation climatique, afin de renforcer la résilience des infrastructures et de mieux protéger les populations face à la multiplication des phénomènes extrêmes. Sans ces mécanismes, estime Greenpeace, les pays vulnérables resteront prisonniers d’un cycle de catastrophes et de reconstructions coûteuses.
L’organisation insiste également sur la nécessité d’une réduction rapide des émissions à la source, en mettant fin à la dépendance au charbon, au pétrole et au gaz.
Des catastrophes jugées non accidentelles
Selon Greenpeace, les événements récents ne peuvent plus être considérés comme de simples aléas naturels. Ils seraient la conséquence directe de décennies d’expansion des énergies fossiles et d’inaction climatique. Les « pollueurs historiques », en raison de leurs émissions prolongées, portent une responsabilité majeure dans la crise actuelle et doivent, selon l’ONG, rendre des comptes.
Cette prise de position intervient alors que la Tunisie, comme plusieurs pays de la région, fait face à une recrudescence d’épisodes météorologiques extrêmes, mettant à l’épreuve ses infrastructures, ses capacités de réponse et ses équilibres sociaux.
Pour Greenpeace, seule une action climatique internationale rapide, fondée sur la justice climatique et la responsabilité, peut permettre d’éviter que ces drames ne deviennent la norme.
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