En l’espace de 72 heures, entre le 17 et le 20 janvier 2026, plusieurs régions tunisiennes ont enregistré des quantités de pluie équivalentes à près de la moitié, voire plus, de leurs précipitations annuelles moyennes. C’est ce que révèle une analyse publiée par l’expert en climatologie Hamdi Hached, sur la base des tableaux de suivi de l’Institut national de la météorologie.
Selon ces données, la région de Tunis figure parmi les plus touchées. À la station de Sidi Bou Saïd – Tunis-Carthage, les cumuls enregistrés sur trois jours atteignent environ 200 à 210 millimètres. Un volume qui représente près de 45 à 47 % de la moyenne annuelle, estimée à un peu plus de 430 millimètres. Autrement dit, presque la moitié des pluies d’une année sont tombées en moins de trois jours.
La situation est encore plus marquée à Zaghouan. Dans la ville, les précipitations cumulées ont oscillé entre 210 et 215 millimètres, alors que la moyenne annuelle se situe entre 380 et 400 millimètres. Le ratio dépasse ainsi les 50 %, un seuil particulièrement élevé sur une période aussi courte.
Sur le littoral du Sahel, Monastir n’a pas été épargnée. Les relevés effectués à la ville et à l’aéroport font état de 140 à 150 millimètres de pluie. Rapportée à un cumul annuel relativement faible, compris entre 300 et 330 millimètres, cette quantité représente entre 45 et 50 % des précipitations annuelles en seulement trois jours.
Des chiffres significatifs
Le Cap Bon et le Grand Tunis affichent, eux aussi, des chiffres significatifs. À Nabeul, les cumuls ont atteint environ 155 à 160 millimètres à Menzel Bouzelfa, soit près de 40 à 45 % de la moyenne annuelle, et entre 170 et 180 millimètres à Grombalia, correspondant à 45 à 50 %. Dans le gouvernorat de Ben Arous, Mornag a enregistré près de 170 millimètres, équivalant à environ 45 % des précipitations annuelles, tandis que Radès a reçu entre 160 et 170 millimètres, soit 40 à 45 %.
Plus au nord, à Ariana, la station de Sidi Thabet a relevé des cumuls plus modestes en valeur absolue, entre 80 et 85 millimètres, mais représentant tout de même 35 à 40 % de la moyenne annuelle locale.
Pour Hamdi Hached, ces chiffres illustrent clairement le caractère exceptionnel de l’épisode pluvieux, tant par son intensité que par sa concentration dans le temps. Plusieurs autres zones du pays, souligne-t-il, ont approché ou dépassé le seuil des 50 % du cumul annuel en seulement 72 heures, un phénomène qui explique l’ampleur des inondations et des perturbations enregistrées ces derniers jours.
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