Des pluies d’une violence exceptionnelle ont frappé une grande partie de la Tunisie, provoquant des inondations massives, la paralysie des transports et la mort de quatre personnes à Moknine. Plusieurs régions ont été placées en vigilance maximale et les autorités ont déclenché un dispositif d’urgence à grande échelle.
La Tunisie traverse l’un des épisodes météorologiques les plus violents de ces dernières années. Depuis le début de la semaine, des pluies torrentielles, parfois accompagnées d’orages et de chutes de grêle, s’abattent sur de vastes régions du pays, provoquant des crues soudaines, des inondations étendues et de graves perturbations dans les services publics. Le bilan humain s’est alourdi avec la mort de quatre personnes à Moknine, dans le gouvernorat de Monastir.
Plusieurs régions placées au plus haut niveau d’alerte
Face à la gravité de la situation, les autorités ont placé en vigilance rouge, le niveau d’alerte le plus élevé, plusieurs zones, dont le Grand Tunis, Nabeul et Monastir. D’autres gouvernorats, notamment Bizerte, Zaghouan, Sousse, Mahdia et Sfax, restent sous vigilance renforcée. Dans certaines localités du Sahel et du Cap Bon, les quantités de pluie enregistrées en quelques heures ont atteint des niveaux exceptionnels, submergeant des quartiers entiers et rendant de nombreux axes routiers impraticables.
Le pays s’est retrouvé en grande partie à l’arrêt. Les réseaux de transport public ont été sévèrement perturbés, avec l’interruption de plusieurs lignes ferroviaires, du métro léger et de nombreuses dessertes de bus urbains et interurbains, notamment dans le Grand Tunis, le Sahel et la région de Nabeul. Sur l’autoroute reliant Tunis au Sahel, la montée brutale des eaux a imposé la fermeture temporaire d’un tronçon stratégique avant une reprise progressive de la circulation, tandis que de nombreuses routes nationales et régionales restent coupées.
Mobilisation générale de la protection civile
Les conséquences de cet épisode ne se sont pas limitées aux infrastructures. Les cours ont été suspendus dans plusieurs gouvernorats et des audiences judiciaires ont été reportées. Plusieurs représentations diplomatiques étrangères ont également fermé leurs portes au public par mesure de précaution, illustrant l’ampleur de la perturbation qui touche l’ensemble du pays.
Sur le terrain, les équipes de la protection civile sont engagées dans une mobilisation continue. Des dizaines d’interventions ont permis d’évacuer des habitants encerclés par les eaux, de pomper des habitations inondées, de dégager des véhicules bloqués et de sécuriser des axes menacés. Les autorités ont parallèlement ordonné la préparation de centres d’hébergement d’urgence et le renforcement des stocks de produits de première nécessité.
Une dépression méditerranéenne à l’origine du chaos
Selon les services météorologiques, cet épisode est lié à l’extension d’une vaste dépression méditerranéenne affectant simultanément le sud de l’Europe et le Maghreb. Ce système génère sur la Tunisie des pluies orageuses persistantes, des vents violents et des chutes de grêle. Une amélioration progressive est attendue, même si la situation reste étroitement surveillée.
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