La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis a décidé, lundi, de reporter au 2 février prochain l’examen de l’affaire dite du « Complot 2 », un dossier lourd impliquant plusieurs figures politiques et sécuritaires de premier plan. La juridiction a également mis l’affaire en délibéré afin de statuer sur une demande de mise en liberté présentée par l’un des accusés.
Ce report, qualifié de définitif, intervient alors que le dossier reste l’un des plus sensibles instruits par la justice tunisienne ces dernières années. Selon une source judiciaire, la Cour a choisi de suspendre l’examen du fond pour se prononcer d’abord sur la requête en libération déposée par la défense, repoussant ainsi toute discussion de fond à la prochaine audience.
Des condamnations très lourdes en première instance
L’affaire du « Complot 2 » concerne plusieurs responsables politiques et anciens hauts cadres sécuritaires, parmi lesquels figurent notamment Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha.
En juillet 2025, la cinquième chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme avait rendu ses jugements en première instance. Les accusés détenus avaient écopé de peines allant de 12 à 14 ans de prison, tandis que les prévenus jugés par contumace avaient été condamnés à 35 ans de réclusion avec exécution immédiate. La juridiction avait également ordonné la mise sous surveillance administrative de tous les condamnés pour une durée de cinq ans.
Des accusations touchant à la sûreté de l’État
Les poursuites portent sur des chefs d’accusation particulièrement graves, notamment la constitution d’une entente terroriste, l’utilisation du territoire national pour la préparation d’actes terroristes, le recrutement et l’entraînement de personnes à des fins terroristes, ainsi que la divulgation et la diffusion d’informations portant atteinte à la sûreté intérieure de l’État.
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