Les investissements industriels déclarés en Tunisie ont dépassé 2,48 milliards de dinars en 2025, selon l’APII. Au-delà des chiffres, cette dynamique traduit un regain de confiance des investisseurs, un renforcement du tissu exportateur et une orientation stratégique vers les filières à forte valeur ajoutée et les services connexes.
Les 3909 projets déclarés en 2025 représentent une augmentation tant en valeur qu’en volume par rapport à 2024, avec un pic notable en décembre (+50% par rapport au mois précédent). Cette tendance mensuelle à la hausse suggère que les entrepreneurs retrouvent progressivement confiance dans le climat des affaires, et que les mesures incitatives de l’État, combinées à la stabilité relative de l’environnement économique, commencent à produire leurs effets.
La forte proportion de projets de moins de 15 MD montre toutefois que l’essentiel des investissements reste porté par des PME et des microprojets, reflétant la structure traditionnelle du tissu industriel tunisien.
L’agroalimentaire et les IME, moteurs de croissance
Les Industries Agroalimentaires (IAA) et les Industries Mécaniques et Electriques (IME) concentrent plus de la moitié des investissements. Cette concentration sur des filières à forte capacité d’exportation et à valeur ajoutée élevée souligne une stratégie claire des opérateurs : sécuriser des marchés extérieurs et intégrer davantage les chaînes de valeur internationales.
Le cuir et la chaussure, malgré leur poids relatif, enregistrent la plus forte croissance en pourcentage (+167%), signalant un potentiel de relance pour des secteurs historiquement fragilisés.
Les créations nettes et l’emploi, des indicateurs encourageants
La hausse de 22,6% des projets de nouvelles créations, générant 37.329 emplois potentiels, indique un renouvellement progressif du tissu productif. Cette évolution est favorable non seulement pour l’absorption d’une main-d’œuvre qualifiée mais aussi pour la diversification des activités industrielles, un élément essentiel pour réduire la dépendance aux secteurs traditionnels.
Les investissements à vocation exportatrice progressent de 13,7%, avec des hausses spectaculaires dans l’agroalimentaire et le cuir. Cette orientation confirme l’importance des marchés extérieurs pour la viabilité des projets industriels tunisiens. Elle souligne également la nécessité d’accompagner ces investissements par des politiques de soutien aux exportateurs, infrastructures logistiques et incitations fiscales.
L’apport des investissements étrangers
Avec 436,5 MD d’investissements à participation étrangère, le secteur bénéficie d’un apport de capitaux et de technologies. Cette ouverture au financement international est un facteur clé de modernisation et de compétitivité. Néanmoins, la majorité des projets reste tunisienne, signe d’un engagement local fort.
Les investissements dans les services liés à l’industrie (transport, formation, IT) progressent fortement (+40,7%), renforçant les chaînes de valeur et améliorant la productivité globale. Cette tendance traduit une compréhension croissante de l’importance de l’écosystème industriel, où le soutien logistique et technologique est crucial pour la compétitivité.
L’analyse globale montre que la Tunisie est en phase de consolidation de son tissu industriel, avec des filières exportatrices en expansion et une montée des services annexes. Toutefois, la concentration des projets dans des montants modestes et l’exclusion des très grands investissements soulignent que le pays reste dépendant des PME pour impulser la croissance industrielle.
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