À l’occasion du 24e Congrès tunisien de médecine d’urgence, le ministère de la Santé annonce une série de mesures visant à moderniser et renforcer les services d’urgences, à travers la numérisation des parcours de soins et l’usage de l’intelligence artificielle.
Plus de 1 000 professionnels de santé tunisiens et étrangers se sont réunis à l’occasion du 24e Congrès national de médecine d’urgence, placé sous le thème : « Médecine d’urgence du futur et approche qualité ».
Cet événement a été inauguré par le ministre de la Santé, le Dr Mustapha Ferjani, qui a profité de la tribune pour détailler une feuille de route ambitieuse pour les services d’urgence en Tunisie.
Parmi les annonces phares : le lancement, en juin prochain, d’une plateforme numérique nationale de prise en charge de l’infarctus du myocarde. Ce projet, réalisé en collaboration avec la Société tunisienne de cardiologie et celle de médecine d’urgence, vise à optimiser le temps de réaction et à améliorer la coordination entre les structures hospitalières.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance mondiale déjà éprouvée, à l’image des réseaux STEMI (ST-Elevation Myocardial Infarction) développés en Europe, qui ont permis une nette réduction de la mortalité grâce à des solutions digitales de tri et de transfert rapide des patients.
Le ministre a également insisté sur la digitalisation des parcours de soins, notamment pour les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques, deux pathologies où le facteur temps est déterminant pour la survie du patient.
En parallèle, des efforts seront déployés pour renforcer l’équipement des services d’urgences, augmenter les effectifs médicaux et paramédicaux, et améliorer la coordination avec la salle d’opérations stratégiques du ministère, notamment en matière de médecine préhospitalière.
Autre volet innovant : l’intégration de l’intelligence artificielle et de la simulation médicale pour améliorer les protocoles de prise en charge, réduire les erreurs et former les équipes médicales à des situations complexes.
“Les services d’urgences sont la vitrine de la santé publique. Leur amélioration est un enjeu collectif”, a déclaré Dr Ferjani, en appelant à une mobilisation de l’ensemble des acteurs du système de santé.