L’ANPE a installé une unité mobile de mesure des polluants atmosphériques à Mdhila pour suivre les émissions des sites industriels et renforcer la protection de l’environnement et de la santé publique.
Vendredi 6 février 2026, l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) a procédé à l’installation d’une station mobile avancée dans la délégation de Mdhila, gouvernorat de Gafsa. Cette unité vise à assurer un suivi précis des émissions gazeuses provenant du Groupe chimique tunisien (Mdhilla 1) et de la Compagnie des phosphates de Gafsa, en réponse aux plaintes et incidents signalés ces derniers mois.
Des mesures complètes des polluants
La station mobile permet de mesurer plusieurs polluants ayant un impact direct sur la santé humaine et l’écosystème, notamment le dioxyde de soufre (SO₂), le monoxyde de carbone (CO), le sulfure d’hydrogène (H₂S), le dioxyde d’azote (NO₂), les composés organiques volatils (COV) et les particules en suspension. Ces relevés fourniront des données fiables sur l’état de l’air dans la région.
Les informations recueillies permettront une évaluation scientifique rigoureuse et serviront de référence technique pour appuyer les décisions futures visant à réduire les émissions et améliorer la sécurité environnementale des unités industrielles locales.
Il s’agit de la deuxième unité de surveillance mobile installée dans le gouvernorat, après la station fixe mise en service à la Faculté des sciences de Gafsa depuis 2014, renforçant ainsi le dispositif de contrôle environnemental dans la région.
Un problème structurel de pollution industrielle dans le sud tunisien
La délégation de Mdhila s’inscrit dans un contexte plus vaste de pollution industrielle persistante dans le sud et le sud‑est de la Tunisie, en particulier autour des zones liées à l’exploitation et à la transformation du phosphate. Le bassin minier de Gafsa alimente des installations de traitement dont certaines ont été pointées du doigt pour leurs émissions atmosphériques et leurs rejets environnementaux, y compris des composés toxiques et des particules polluantes dans l’air et l’eau.
Plus au sud, dans le gouvernorat de Gabès, la pollution liée au complexe du phosphate géré par le Groupe Chimique Tunisien est devenue un problème chronique, avec des résidents qui dénoncent des gaz toxiques dans l’air, des déversements de phosphogypse dans le golfe et une dégradation sévère de l’écosystème marin et terrestre.
La situation a provoqué des protestations locales et nationales, la population réclamant des mesures concrètes pour réduire les émissions, protéger la santé et restaurer l’environnement durement affecté par des décennies d’activité industrielle.
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