Les fortes précipitations qui ont récemment touché le gouvernorat de Sousse ont provoqué une découverte archéologique inattendue à Hergla. Sur la plage d’El Kortine, des structures attribuées à l’époque romaine ont refait surface, suscitant l’intérêt de l’Institut national du patrimoine
Une découverte fortuite après les intempéries
C’est à la faveur des dernières pluies qu’un pan oublié de l’histoire antique a ressurgi sur le littoral de Hergla, dans le gouvernorat de Sousse. L’érosion provoquée par les précipitations a mis au jour des structures anciennes au niveau de la plage d’El Kortine, non loin de l’espace balnéaire de la ville.
Jusqu’ici enfouis sous le sable, ces vestiges sont apparus progressivement, attirant l’attention des habitants et des observateurs locaux, avant d’être signalés aux autorités compétentes.
Selon plusieurs sources concordantes, les structures découvertes correspondraient à des entrepôts remontant à l’époque romaine. Ces installations auraient été utilisées pour le stockage de provisions et de marchandises, témoignant du rôle économique et logistique qu’aurait joué cette zone côtière durant l’Antiquité.
Face à l’importance potentielle de cette découverte, une intervention de l’Institut national du patrimoine est attendue dans les prochains jours. Les experts devront procéder aux premières constatations scientifiques afin de déterminer la valeur archéologique exacte du site, son état de conservation et les mesures de protection à mettre en place.
Un patrimoine vulnérable face aux aléas naturels
Cet épisode rappelle une nouvelle fois la richesse archéologique enfouie du littoral tunisien, mais aussi sa grande vulnérabilité. L’érosion côtière, les intempéries et la pression urbaine constituent autant de menaces pour des vestiges parfois encore inconnus.
La découverte de Hergla illustre ainsi le double visage des intempéries : destructrices dans certains cas, mais révélatrices, parfois, de fragments précieux de l’histoire antique du pays. Le cas de Hergla n’est d’ailleurs pas isolé.
Ces dernières semaines, des épisodes similaires ont été signalés notamment dans le gouvernorat de Nabeul, où les fortes pluies ont mis au jour plusieurs vestiges enfouis sous le sable, aux abords du site antique de Néapolis, sur la plage de Sidi Mahersi et près du site punique de Kerkouane.
Dans ces zones, l’érosion marine a révélé des structures anciennes – murs, bassins et aménagements hydrauliques – suscitant à la fois l’intérêt des archéologues et la convoitise de certains individus.
Les forces de sécurité sont intervenues pour empêcher des tentatives de pillage et plusieurs personnes ont été interpellées. Selon les spécialistes de l’Institut national du patrimoine, certaines structures pourraient correspondre à d’anciens réservoirs d’eau ou à des installations liées à l’industrie antique de salaison du poisson.
Les services de l’INP ont engagé des opérations de recensement et de documentation sur plusieurs sites côtiers, en particulier à Nabeul et Mahdia, où les intempéries ont révélé à la fois des vestiges déjà connus et d’autres, jusqu’ici inédits, qui devront faire l’objet d’études approfondies.
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