La Tunisie traverse actuellement une période marquée par des événements météorologiques extrêmes qui s’intensifient en fréquence et en impacts. Depuis la fin de l’année 2025 et jusqu’à début 2026, des inondations sévères ont touché plusieurs gouvernorats du nord et du Sahel, entraînant des dégâts matériels importants et la suspension de classes dans certaines régions, tandis que les services de protection civile ont émis des alertes en raison de conditions instables persistantes.
Des experts expliquent que certains épisodes récents, comme des pluies extrêmement intenses – par exemple plus de 250 mm en moins de trois heures dans certaines zones – sont très rares même à l’échelle globale, et résultent de conditions climatiques favorisant une forte évaporation associée à une mer Méditerranée encore chaude.
Des phénomènes météorologiques extrêmes déjà observés en Tunisie
Historiquement, le pays a déjà connu des inondations majeures, telles que celles de 1969, qui ont causé plus de 500 morts, et une série d’événements reconnus au fil des décennies (1990, 2018, 2020, jusqu’aux récents épisodes début 2026). Les spécialistes relient ces phénomènes à la combinaison de systèmes dépressionnaires complexes et flux d’air instables.
Des organisations comme Greenpeace indiquent que ces épisodes de pluies intenses et de crues ne sont pas des anomalies isolées, mais s’inscrivent dans un schéma mondial d’extrêmes climatiques de plus en plus fréquents et violents, associé au réchauffement planétaire.
Les études climatiques et projections officielles soulignent que la Tunisie, comme l’ensemble de la région méditerranéenne, est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique.
Les projections du climat en Tunisie montrent une augmentation des températures moyennes d’ici le milieu et la fin du XXIᵉ siècle, même sous des scénarios modérés d’émissions de gaz à effet de serre. Cette hausse pourrait atteindre 2 °C à 3 °C d’ici à 2100 dans un scénario intermédiaire, et être encore plus forte dans des scénarios plus graves, avec une élévation allant jusqu’à 4 °C à 5 °C.
Des projections scientifiques indiquent une exposition accrue aux extrêmes à l’avenir
En parallèle, les modèles prévoient généralement une diminution des précipitations annuelles, avec une réduction pouvant aller de 5 % à 20 % d’ici 2100, mais aussi une redistribution spatiale des pluies, avec certaines zones recevant ponctuellement plus d’eau sur des épisodes courts et intenses.
Ces changements climatiques sont associés à une amplification des phénomènes extrêmes : les pluies convectives de courte durée, pouvant provoquer des inondations soudaines, ont tendance à augmenter en intensité et en fréquence selon les modèles climatiques.
Dans une perspective plus large pour toute la région méditerranéenne, des recherches scientifiques examinent la dynamique future des cyclones locaux (« medicanes ») et d’autres perturbations. Ces études suggèrent que bien que la fréquence moyenne des cyclones puisse diminuer sous certains scénarios climatiques, leur intensité et les risques associés aux vents forts et aux précipitations extrêmes pourraient augmenter.
Les données observées et les projections climatiques convergent vers un constat solide : la Tunisie est d’ores et déjà confrontée à des conditions météorologiques extrêmes plus fréquentes et violentes, et les modèles scientifiques montrent qu’à l’avenir ces phénomènes sont susceptibles de s’accentuer, du fait du changement climatique et du rôle particulier que joue la Méditerranée dans le système climatique global. Le pays devra donc non seulement s’attendre à des événements plus intenses mais aussi renforcer sa préparation, ses infrastructures et sa gestion des risques climatiques pour limiter les impacts humains, économiques et environnementaux.
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