En accueillant à Tunis, du 20 au 23 janvier 2026, la 20ᵉ édition de l’exercice multinational Phoenix Express, la Tunisie s’est retrouvée au centre d’un dispositif sécuritaire que les États-Unis présentent comme un pilier de leur stratégie maritime en Méditerranée et en Afrique. Conduit par la 6ᵉ flotte américaine et parrainé par le Commandement des forces américaines en Afrique (AFRICOM), l’exercice a réuni huit pays : l’Algérie, la Belgique, l’Égypte, la Géorgie, l’Italie, le Maroc, la Tunisie et les États-Unis.
Selon les informations publiées par Seapower Magazine, revue américaine spécialisée dans les questions navales et maritimes, Phoenix Express 2026 s’est déroulé sous forme d’un exercice de type tabletop, centré sur la connaissance du domaine maritime et la conduite de missions de visite, arraisonnement, fouille et saisie (VBSS). Les scénarios simulés portaient sur des menaces jugées prioritaires par Washington : trafic d’êtres humains, narcotrafic et prolifération d’armes en Méditerranée méridionale.
Une stratégie américaine fondée sur les partenariats
Du point de vue américain, Phoenix Express dépasse le simple cadre d’un entraînement technique. Il s’inscrit dans une logique de prévention sécuritaire, visant à contenir les menaces transnationales avant qu’elles n’affectent directement la stabilité régionale, l’Europe ou les intérêts américains. La Méditerranée sud est ainsi perçue comme un espace stratégique où les vulnérabilités maritimes peuvent rapidement se transformer en crises politiques et sécuritaires.
La narration américaine insiste sur la montée en interopérabilité entre forces partenaires. L’exercice a permis de tester la capacité des marines participantes à détecter, suivre et classifier le trafic maritime, mais aussi à coordonner la prise de décision opérationnelle à travers un centre d’opérations maritimes intégré. Pour la 6ᵉ flotte américaine, l’enjeu est de garantir que les partenaires puissent planifier et conduire des opérations conjointes de manière fluide, y compris sans présence américaine directe.
Le vice-amiral J.T. Anderson, commandant de la 6ᵉ flotte, souligne dans ce cadre que Phoenix Express contribue à renforcer « l’autonomie opérationnelle des partenaires africains », tout en consolidant une capacité collective de commandement et de coordination. Cette approche correspond à une doctrine américaine désormais assumée : moins de bases permanentes, davantage de partenaires capables, mais interopérables avec les forces américaines.
Le choix de la Tunisie comme pays hôte revêt, dans cette lecture, une dimension politique. Washington y voit un partenaire régional fiable et un point d’ancrage crédible pour la coopération maritime en Afrique du Nord. L’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, a rappelé que la coopération maritime entre les deux pays s’inscrit dans une relation bilatérale de plus de deux siècles.
Lire aussi:
🚀 Phoenix Express 2026 is a GO!
— U.S. Naval Forces Europe-Africa/U.S. 6th Fleet (@USNavyEurope) January 20, 2026
8 partner nations 🤝 1 mission: enhancing maritime security.
This tabletop exercise sharpens our collective readiness to counter illicit sea-based activity. Peace is secured through strength and steadfast partnerships. ⚓️@USAfricaCommand pic.twitter.com/0gfxOgGddw