La production nationale de pétrole brut s’est établie à 1184 kilotonnes (kt) en 2025, enregistrant une baisse de 12% par rapport à 2024, selon le rapport de conjoncture énergétique publié par l’Observatoire national de l’énergie et des mines. Une contraction qui intervient alors que la demande nationale de produits pétroliers continue d’augmenter, accentuant les pressions sur l’approvisionnement et les finances publiques.
Une baisse généralisée dans la plupart des champs
Le recul de la production a touché la majorité des principaux champs pétroliers : Ashtart (-32%), Nawara (-38%), Barka (-87%), Adam (-16%), Gherib (-21%), El Hajeb/Guebiba (-13%), El Borma (-5%), Franig/Bag/Tarfa (-24%) et Halk El Manzel (-10%).
Quelques champs ont néanmoins enregistré des hausses notables : Ezzaouia (+16%), Gremda/El Ain (+467%), D.S.T (+29%), Cercina (+3%) et Bir Ben Tartar (+2%).
En moyenne journalière, la production est passée de 28,5 mille barils par jour en 2024 à 25,2 mille barils par jour en 2025.
Une demande nationale en hausse
Parallèlement, la consommation de produits pétroliers a progressé de 3% pour atteindre 4703 ktep, portée par la consommation d’essence (+8%) et le jet d’aviation (+10%). Le fuel a reculé de 16%, le gasoil a légèrement augmenté (+1%), et la consommation de GPL a progressé de 9%. Les carburants routiers représentent à eux seuls 65% de la consommation totale.
Cette dynamique reflète une demande soutenue dans les secteurs résidentiel, industriel et transport, renforçant la pression sur l’offre locale.
Impacts pour la Tunisie et le citoyen
Le double effet d’une production en recul et d’une demande en hausse crée plusieurs enjeux concrets. La Tunisie devra mobiliser davantage de devises pour importer du pétrole et des produits raffinés, ce qui alourdit la facture énergétique nationale.
Cette augmentation des importations accompagnée d’une pression sur la balance commerciale pourrait provoquer des tensions sur les subventions et les prix à la pompe
L’impact sur le citoyen pourrait se matérialiser par un risque de hausse des carburants, une pression sur le coût du transport et des biens et des conséquences sur le pouvoir d’achat.
Pour limiter les effets de cette contraction et sécuriser l’approvisionnement, plusieurs leviers peuvent être envisagés, comme relancer l’exploration ou renforcer l’efficacité énergétique dans les secteurs à forte consommation, notamment le transport routier.
En conclusion, la baisse de 2025 confirme une tendance structurelle : la production pétrolière nationale continue de s’éroder, alors que la demande reste dynamique. Cette situation augmente la dépendance aux importations et la pression sur le budget, avec des répercussions directes pour le citoyen.
La question de la transition énergétique et de l’efficacité dans la consommation devient donc plus urgente que jamais pour garantir la stabilité et l’autonomie énergétique du pays.