La Tunisie commémore ce lundi le 26ème anniversaire du décès du leader Habib Bourguiba, père de l’indépendance et fondateur de la République. À cette occasion, le président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu ce matin à Monastir, ville natale du Combattant suprême, pour présider une cérémonie officielle en hommage à l’une des figures les plus marquantes de l’histoire contemporaine du pays.
Bourguiba, architecte de la Tunisie moderne
Né le 3 août 1903 à Monastir, Habib Bourguiba demeure la figure centrale de la construction de l’État tunisien moderne. Après des études au collège Sadiki puis au lycée Carnot de Tunis, il poursuit sa formation en droit et en sciences politiques à Paris avant de revenir exercer comme avocat.
Très tôt engagé dans la lutte nationale, il rejoint le Parti libéral constitutionnel, avant de participer en 1934 à la fondation du Néo-Destour à Ksar Hellal, aux côtés de figures comme Mahmoud El Materi et Tahar Sfar.
Après des années de militantisme contre le protectorat français, ponctuées d’arrestations et d’exils, Bourguiba devient l’homme de l’indépendance et prend la tête du premier gouvernement tunisien après 1956.
Des réformes fondatrices encore visibles
L’un des héritages majeurs de Bourguiba reste la promulgation, le 13 août 1956, du Code du statut personnel, considéré comme une révolution juridique et sociale dans le monde arabe.
Ce texte a notamment instauré l’interdiction de la polygamie, l’encadrement judiciaire du divorce, l’amélioration du statut de la femme, la modernisation du droit de la famille.
Le 25 juillet 1957, la monarchie est abolie et la République proclamée, faisant de Habib Bourguiba le premier président de la Tunisie indépendante.
Sous sa présidence, plusieurs chantiers structurants sont lancés : gratuité et généralisation de l’enseignement, unification de la justice, modernisation administrative, évacuation du dernier soldat français en 1963, récupération progressive des terres agricoles.
Une mémoire toujours au cœur du récit national
Resté au pouvoir jusqu’au 7 novembre 1987, date de son éviction par Zine El Abidine Ben Ali, Bourguiba conserve une place singulière dans la mémoire collective tunisienne.
Décédé le 6 avril 2000, il repose dans son mausolée à Monastir, devenu un haut lieu de mémoire nationale. La présence du chef de l’État à cette commémoration rappelle combien l’héritage du fondateur de la République continue de structurer le débat public tunisien, entre mémoire historique, identité nationale et vision de l’État.