L’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI) a signé, jeudi à Tunis, un accord de partenariat avec Asteel Flash USI Tunisie, filiale d’un groupe international spécialisé dans les industries électroniques. La convention prévoit le recrutement de plus de 400 diplômés dès 2026 et 1500 jeunes sur trois ans. L’objectif : accompagner l’extension des activités du groupe, notamment dans l’électronique automobile et aéronautique.
Une montée en puissance industrielle
La cérémonie s’est tenue au siège du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, en présence du ministre Riadh Chaoud. Celui-ci a souligné que la Tunisie demeure le seul pays africain où le groupe est implanté depuis 26 ans, ajoutant que l’entreprise a décidé de doubler ses investissements dans le pays, portée par la qualité des compétences tunisiennes.
Selon le ministre, l’accord permettra la création de plus de 1500 emplois sur les trois prochaines années. Ces recrutements accompagneront l’agrandissement de l’usine du groupe, appelée à occuper une superficie élargie pour répondre aux besoins croissants dans les filières de l’électronique automobile et aéronautique.
Les profils recherchés couvriront un large éventail de spécialités : finance, comptabilité, informatique, services industriels et électronique.
Intégration professionnelle et contrats décents
Riadh Chaoud a mis en avant la stratégie du ministère visant à renforcer les partenariats avec les grandes entreprises disposant d’une forte capacité opérationnelle. L’objectif est d’assurer une insertion durable des jeunes diplômés à travers des contrats garantissant un salaire équitable et des conditions de travail conformes aux standards du travail décent.
Il a rappelé, à ce titre, le programme des « grands opérateurs », lancé en mai 2025, qui a permis en moins d’un an la signature d’accords ayant abouti à l’embauche de plus de 15.000 jeunes dans différents secteurs. Le taux d’intégration des diplômés de la formation professionnelle dépasse aujourd’hui 70%, un indicateur jugé significatif par le ministère.
La Tunisie, plateforme stratégique pour le marché européen
De son côté, le président-directeur général du groupe français Nicolas Denis, a qualifié la Tunisie de pays stratégique, mettant en avant sa compétitivité et la qualité de sa formation universitaire. Selon lui, les compétences tunisiennes correspondent aux exigences du marché européen, ce qui conforte la décision du groupe de renforcer sa présence industrielle dans le pays.
Implanté en Tunisie où il emploie déjà 1400 ingénieurs et cadres, Asteel Flash entend lancer un projet d’extension reposant sur les technologies les plus avancées du secteur. L’objectif affiché est ambitieux : doubler le chiffre d’affaires et les exportations tout en créant de nouveaux emplois.
Le groupe, entièrement exportateur, réalise 15% de son chiffre d’affaires mondial en Tunisie. En 2025, il a enregistré des revenus globaux de 900 millions d’euros à l’échelle internationale, confirmant le poids stratégique du site tunisien dans son dispositif industriel.
Lors de sa rencontre avec la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, mardi, le PDG a salué la qualité des compétences tunisiennes, notamment celles des ingénieurs et techniciens supérieurs, considérées comme un levier clé de compétitivité.
Avec ses 18 sites de production dans le monde, Asteel Flash confirme le positionnement de la Tunisie comme plateforme industrielle orientée vers l’export, notamment vers les marchés européens.