Le Conseil national de l’Ordre des médecins a mis en garde, lundi, contre les risques liés à la généralisation de la facturation électronique dans le secteur de la santé. Dans un communiqué, l’instance affirme avoir déjà saisi les autorités concernées et appelle à la suspension immédiate de la mise en œuvre de ces mesures, jugées précipitées et potentiellement dangereuses pour le système de santé.
Inquiétudes sur la confidentialité des données médicales
Selon l’Ordre, les principales préoccupations portent sur la protection des données personnelles et la confidentialité des informations médicales des patients. L’instance souligne également le caractère soudain de l’application de ces nouvelles procédures, sans préparation suffisante du secteur ni garanties techniques claires.
Tout en réaffirmant son adhésion au principe de modernisation et de transparence fiscale, le Conseil estime que la méthode actuelle est inadaptée. Il réclame l’ouverture urgente d’un dialogue institutionnel associant toutes les parties concernées, afin de préserver à la fois les intérêts des patients, ceux des médecins et la stabilité du système de santé.
Une réforme jugée répressive et contre-productive
L’Ordre met en garde contre des mesures qu’il qualifie de complexes et répressives, imposées sans concertation préalable ni délais réalistes. Une telle approche risque, selon lui, de décourager les jeunes médecins et même de pousser certains praticiens en exercice à cesser leur activité, ce qui constituerait une menace directe pour l’avenir de la profession.
Au-delà de la profession médicale, le Conseil alerte sur les conséquences potentielles pour les citoyens, estimant que ces décisions pourraient affecter négativement le droit d’accès aux soins de santé et fragiliser davantage un secteur déjà sous pression.
Le Conseil national de l’Ordre des médecins a enfin réaffirmé sa disponibilité totale à engager un dialogue sérieux et constructif avec les autorités compétentes, dans l’objectif de trouver des solutions concrètes et équilibrées conciliant réforme, sécurité des données et continuité du service de santé.
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