La Cour d’appel de Paris examine, ce mercredi 25 février, la demande d’extradition visant Halima Ben Ali, recherchée par les autorités tunisiennes pour des faits présumés de détournement de fonds. Arrêtée à Paris en septembre 2025, elle est actuellement sous contrôle judiciaire. La décision attendue pourrait ouvrir la voie à son transfert vers Tunis ou bloquer la procédure.
Une arrestation fondée sur une notice internationale
Âgée de 33 ans et vivant principalement à Dubaï, Halima Ben Ali, fille cadette de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali a été interpellée à son arrivée en France en septembre 2025 sur la base d’une notice rouge émise via Interpol. Elle avait déjà été appréhendée en 2018 en Italie dans des circonstances similaires mais avait été libérée.
Son avocate, Me Samia Maktouf, soutient qu’elle n’a « jamais commis de crime ou de délit » et qu’elle avait quitté la Tunisie à l’âge de 17 ans, avant de travailler et de s’installer à l’étranger. Celle-ci dénonce également des conditions d’arrestation qu’elle juge inappropriées, évoquant un incident impliquant une policière à l’aéroport.
Les autorités tunisiennes la poursuivent pour des infractions financières présumées liées à la période précédant la chute du régime en 2011. Selon le dossier transmis à la justice française, les accusations portent sur des détournements de fonds publics.
La défense conteste les accusations
Ses avocats affirment que leur cliente n’a commis aucune infraction et soulignent qu’elle vivait à l’étranger depuis plusieurs années. Ils estiment que la procédure s’inscrit dans un contexte politique sensible et contestent la solidité des charges retenues contre elle.
La défense met également en avant des garanties relatives à ses droits fondamentaux en cas de retour en Tunisie, point central dans l’examen d’une demande d’extradition par la justice française.
La décision de la cour d’appel dépasse le seul cadre individuel. Elle pourrait marquer une étape importante dans la coopération judiciaire entre Paris et Tunis sur les dossiers liés à l’ancien régime.
Si l’extradition est accordée, Halima Ben Ali sera remise aux autorités tunisiennes pour y être jugée. En cas de refus, elle resterait en France sous statut judiciaire encadré.