La commission administrative sectorielle de l’enseignement secondaire a annoncé mardi 3 février 2026 la suspension de sa décision de boycotter les examens et évaluations du second trimestre, initialement prise le 16 novembre 2025.
Cette annonce, faite par Mohamed Safi, secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les enseignants et les autorités éducatives autour de revendications sociales et organisationnelles.
Une mobilisation née d’un malaise profond
La Fédération générale de l’enseignement secondaire, relevant de l’UGTT, avait déclenché en novembre dernier un mouvement de protestation d’envergure, dénonçant ce qu’elle considère comme une crise structurelle du secteur éducatif.
Selon le syndicat, les conditions de travail des enseignants sont gravement détériorées, marquées par une dégradation des infrastructures scolaires, un manque d’enseignants et d’encadreurs pédagogiques, et une baisse du pouvoir d’achat due à l’inflation.
Le syndicat a accusé l’État de saper le droit syndical et de renoncer à des engagements pris dans des accords antérieurs, notamment ceux signés le 9 février 2019 et le 23 mai 2023, qui prévoyaient des revalorisations salariales et des mesures administratives pour le personnel enseignant.
Une menace de boycott impactant l’année scolaire
Face à ce qu’elle qualifiait d’absence de dialogue réel et de non-respect des accords, la Fédération avait décidé de boycotter toutes les formes d’évaluation dès le second trimestre – incluant interrogations orales, devoirs pratiques, devoirs surveillés et examens – ainsi qu’un rassemblement national prévu devant le ministère de l’Éducation pendant les vacances du premier trimestre.
Cette mesure, si elle avait été maintenue, aurait risqué de perturber significativement le calendrier scolaire, alors que selon les calendriers officiels, les contrôles du second trimestre doivent être achevés avant le 14 février, avec des synthèses prévues entre le 23 février et le 7 mars.
Une suspension stratégique du boycott
Dans sa déclaration, Mohamed Safi a expliqué que la suspension de la décision de boycott s’inscrit dans une stratégie réfléchie visant à protéger à la fois les droits des enseignants et les intérêts des élèves, tout en maintenant la pression sur le ministère de l’Éducation.
La Fédération a ainsi annoncé des grèves régionales échelonnées sur trois jours – dans le Nord le 11 février, le Centre le 17 février et le Sud le 19 février – tout en restant ouverte au dialogue avec le ministère.
Le syndicat entend ainsi poursuivre ses revendications, en particulier l’application intégrale des accords conclus, la revalorisation salariale conforme aux engagements et le respect des cadres de promotions et de gestion du personnel. La suspension du boycott des évaluations ne signifie pas la fin de la mobilisation, mais plutôt une tentative de concilier contestation et préservation du déroulement normal de l’année scolaire.
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