La tension monte d’un cran dans les collèges et lycées tunisiens. A l’appel de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, une grève générale observée ce mardi mobilise enseignants, professeurs d’éducation physique, directeurs, surveillants et personnels administratifs. En toile de fond : des accords non appliqués, des rappels financiers en souffrance et un dialogue rompu avec le ministère de l’Éducation.
Une mobilisation générale dans tous les établissements
Dès la première heure de cours, le mouvement a touché l’ensemble des établissements du secondaire : collèges, collèges techniques, lycées, établissements pilotes ainsi que les structures concernées par l’enseignement de l’éducation physique, y compris dans le primaire.
Le mot d’ordre ne se limite pas aux seuls enseignants en classe. Il englobe également les directeurs d’établissements, les surveillants des études, ainsi que les enseignants affectés à des tâches administratives ou pédagogiques dans les services régionaux et centraux relevant des ministères de l’Éducation et de la Jeunesse et des Sports.
Conformément aux modalités arrêtées par la fédération, la grève est présentielle durant toute la journée sur les lieux de travail. Des assemblées générales sont organisées dans les salles des professeurs afin de réitérer les revendications du secteur et d’adopter pétitions et recommandations.
Directeurs et surveillants : présence symbolique, blocage administratif
Les enseignants ont été appelés à rejoindre leurs établissements à partir de 8 heures, même lorsqu’ils ne sont pas programmés ce jour-là, qu’ils assurent des cours l’après-midi ou qu’ils soient convoqués à des formations.
La consigne syndicale est claire : aucune tâche administrative ne doit être assurée pendant la journée, une manière d’élargir la pression au fonctionnement quotidien des établissements.
Ce choix traduit la volonté de la structure syndicale de montrer que le malaise dépasse la seule question des cours pour toucher l’ensemble de la gouvernance scolaire.
Accords gelés, primes impayées et colère sur le terrain
À l’origine de cette nouvelle escalade, la Fédération générale de l’enseignement secondaire accuse le ministère d’avoir refusé d’appliquer l’accord signé le 23 mai 2023.
Le principal point de crispation concerne la prime de 100 dinars promise aux enseignants, qui devait entrer en vigueur dès janvier 2026.
Le syndicat dénonce aussi le non-versement des rappels financiers liés aux promotions, avec effet rétroactif depuis juillet dernier. À cela s’ajoute, selon ses responsables, la fermeture du dialogue autour de dossiers jugés urgents : dégradation des infrastructures, surpopulation des classes, manque d’équipements et accumulation de problèmes logistiques dans plusieurs établissements.
Cette journée de grève marque un nouvel épisode de confrontation sociale dans le secteur éducatif, à un moment où les tensions s’accumulent autour des conditions de travail et de la qualité de l’enseignement public.
Au-delà des revendications salariales, le mouvement remet au premier plan la question plus large de l’état du système éducatif et de la capacité des autorités à relancer des négociations crédibles avec les syndicats.