Le bras de fer entre le ministère de l’Éducation et les enseignants du secondaire franchit un nouveau palier. La Fédération générale de l’enseignement secondaire a confirmé une grève générale le 7 avril dans l’ensemble des collèges et lycées du pays, accompagnée de rassemblements devant les commissariats régionaux de l’éducation.
Annoncé par le secrétaire général de la fédération, Mohamed Safi, ce mouvement vise à dénoncer le silence prolongé du ministère face aux revendications professionnelles et financières des enseignants, dans un climat social déjà tendu depuis plusieurs mois.
Au cœur de la colère : les accords non appliqués
Le principal point de crispation reste la non-mise en œuvre d’anciens accords conclus avec le ministère, dont certains remontent à 2019, mais surtout l’accord de mai 2023 prévoyant une augmentation salariale de 100 dinars à partir de janvier 2026.
Pour la fédération, la grève ne vise pas à perturber le service public mais à imposer le respect d’engagements déjà signés, alors que les enseignants dénoncent une érosion continue de leur pouvoir d’achat et des conditions de travail jugées de plus en plus lourdes.
Conditions de travail, sanctions et nominations contestées
Au-delà du volet salarial, le syndicat dénonce des services hebdomadaires pouvant atteindre 26 heures, la dégradation des infrastructures scolaires, l’absence d’une vision claire de la réforme éducative, des sanctions disciplinaires, dont des retenues sur salaire après des sit-in, des nominations et révocations de directeurs jugées fondées sur la loyauté plutôt que la transparence.
Ces griefs alimentent une tension qui s’est déjà traduite par plusieurs mobilisations depuis 2025, notamment les grèves régionales de février dernier.
Une escalade possible après le 7 avril
La fédération a prévenu que sa commission administrative restera ouverte après la grève pour évaluer le niveau de réponse du ministère et décider de nouvelles formes de mobilisation.
Autrement dit, si aucun signal politique n’est envoyé après le 7 avril, le secteur pourrait entrer dans une nouvelle séquence de protestation plus dure, à quelques semaines d’une période scolaire sensible.