Le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, a affirmé, lundi 13 avril 2026, lors d’une séance plénière à l’Assemblée des représentants du peuple, que les autorités tunisiennes ont détecté des « plans extérieurs » visant à fragiliser les capacités mentales de la population à travers la diffusion de drogues et de substances stupéfiantes.
Dans son intervention, le ministre a insisté sur la dimension stratégique de la lutte contre les stupéfiants, la présentant non seulement comme un enjeu sécuritaire, mais aussi comme une question de souveraineté nationale. Selon lui, la circulation de drogues ne relève plus uniquement de réseaux criminels classiques, mais s’inscrit parfois dans des logiques transnationales complexes, où se croisent trafics organisés, blanchiment d’argent et tentatives d’influence indirecte sur les sociétés.
Efforts concentrés sur les barons de la drogue
Khaled Nouri a également tenu à préciser l’orientation actuelle de la politique sécuritaire en la matière. « Les unités sécuritaires concentrent leurs efforts sur les barons de la drogue et les réseaux structurés », a-t-il déclaré. Une approche qui marque une évolution notable dans le traitement du phénomène, en privilégiant le démantèlement des filières d’approvisionnement et des circuits de distribution.
Cette stratégie s’inscrit dans une tendance internationale qui considère que la répression ciblée des têtes de réseaux est plus efficace que la criminalisation systématique des usagers, souvent perçus comme des maillons faibles, voire des victimes du système. En Tunisie, cette orientation pourrait contribuer à désengorger le système judiciaire et à ouvrir la voie à des approches plus préventives et sanitaires.
Lire aussi : Une vague inquiétante, nouvelle saisie record de comprimés d’ecstasy à la Goulette
Sur le terrain, la lutte contre les stupéfiants mobilise plusieurs dispositifs. Les services du ministère de l’Intérieur intensifient les opérations de renseignement, notamment aux frontières terrestres et maritimes, afin d’identifier les routes de trafic. Les ports et les zones frontalières sont particulièrement surveillés, en raison de leur rôle stratégique dans l’acheminement des substances illicites.
Caractère transfrontalier des réseaux
Parallèlement, la coopération internationale apparaît comme un levier essentiel. Le caractère transfrontalier des réseaux impose une coordination accrue avec les partenaires étrangers, qu’il s’agisse d’échanges d’informations, d’opérations conjointes ou de formation spécialisée des unités.
Au-delà de la dimension sécuritaire, plusieurs experts plaident pour une approche globale intégrant prévention, sensibilisation et prise en charge des addictions. La lutte contre les stupéfiants ne peut en effet se limiter à la répression. Elle suppose également des politiques publiques visant à réduire la demande, notamment auprès des jeunes, à travers l’éducation, le renforcement du tissu social et l’accès aux structures de soins.