La justice tunisienne franchit une nouvelle étape dans une affaire de corruption financière impliquant des figures connues du monde des affaires. Belhassen Trabelsi, son beau-frère et l’homme d’affaires Lotfi Abdennadher ont été renvoyés devant la chambre criminelle spécialisée. Les poursuites portent sur de graves soupçons de corruption liés à un marché public.
La chambre d’accusation chargée des affaires de corruption financière près la Cour d’appel de Tunis a décidé de renvoyer Belhassen Trabelsi, l’époux de sa sœur ainsi que l’homme d’affaires Lotfi Abdennadher devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du tribunal de première instance de Tunis.
Cette décision marque une étape judiciaire décisive dans un dossier sensible impliquant des soupçons de corruption financière et administrative dans l’attribution d’un marché public relevant d’un établissement public.
Clôture de l’instruction et confirmation des charges
En amont, le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier avait prononcé la clôture de l’enquête et décidé le renvoi du dossier devant la chambre d’accusation. Après examen, celle-ci a confirmé l’orientation du dossier vers une juridiction de jugement, estimant que les éléments réunis justifient la tenue d’un procès.
Les trois prévenus sont poursuivis dans une affaire portant sur des irrégularités présumées dans l’octroi d’une concession publique, avec des soupçons de corruption et de mauvaise gestion administrative.
Cette affaire s’inscrit dans le cadre plus large des poursuites engagées par la justice tunisienne contre des dossiers de corruption financière liés à l’ancien système de gestion des marchés publics et aux abus d’influence.
Déjà condamnés
Rappelons qu’en septembre 2024, la Chambre pénale spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis avait condamné Lotfi Abdennadher, aujourd’hui en fuite à l’étranger, à six ans de prison et à une amende de de 7 millions de dinars. Belhassen Trabelsi, avait quant à lui, écopé d’une peine de douze ans de prison assortie d’une amende similaire.
L’affaire concernait l’obtention de trois prêts bancaires auprès d’une banque publique, soupçonnés d’avoir été accordés, sans respecter les procédures légales en vigueur.
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