Le commerce extérieur tunisien a terminé le premier trimestre 2026 sur un déficit de -5232,7 millions de dinars, contre -5049,5 MD un an plus tôt, selon les dernières données de l’Institut National de la Statistique. Malgré cet alourdissement, certains indicateurs montrent une dynamique plus encourageante, notamment du côté des exportations, en progression plus rapide que prévu.
L’énergie reste le principal point noir
Le creusement du déficit provient avant tout de la facture énergétique, qui représente à elle seule -2990,4 MD, soit plus de la moitié du déséquilibre global. Viennent ensuite les matières premières et demi-produits (-1601,4 MD), les biens d’équipement (-977 MD) et les biens de consommation (-462,2 MD).
À l’inverse, l’alimentation dégage un excédent de +798,3 MD, porté notamment par les performances de l’huile d’olive. Le taux de couverture s’améliore légèrement à 75,7%, contre 75,2% à la même période de 2025.
Les exportations tirées par l’huile d’olive et l’industrie
Sur les trois premiers mois de l’année, les exportations ont progressé de 6,1%, atteignant 16.266,8 MD. La hausse est particulièrement marquée dans les industries mécaniques et électriques (+10,6%) ainsi que dans l’agroalimentaire (+16,1%), grâce à l’envolée des ventes d’huile d’olive (1.991,6 MD contre 1.442,3 MD en 2025).
Le secteur énergétique affiche également une progression de +6,2%, soutenue par les produits raffinés. En revanche, les mines, phosphates et dérivés (-20,3%) ainsi que le textile-habillement-cuir (-5%) reculent, ce qui freine la performance globale.
L’Europe confirme son poids stratégique
L’Union européenne reste de loin le premier débouché de la Tunisie, absorbant 71,5% des exportations avec 11.628,1 MD au premier trimestre. Les ventes progressent notamment vers la France (+10,6%), l’Italie (+4%) et l’Allemagne (+3,3%), alors qu’elles reculent vers les Pays-Bas (-15,9%) et la Grèce (-29,8%).
Du côté des pays arabes, la poussée est spectaculaire avec l’Égypte (+52,9%) et l’Arabie saoudite (+80,6%), tandis que les échanges fléchissent avec le Maroc, l’Algérie et la Libye.
Les importations progressent sur tous les fronts
Les importations augmentent de 5,5% à 21.499,5 MD, sous l’effet d’une hausse généralisée de tous les groupes de produits : alimentaire, équipement, énergie, biens de consommation et demi-produits. Hors Europe, la montée des achats en provenance de la Turquie (+6,3%) et surtout de l’Inde (+39,5%) contraste avec le recul des importations depuis la Russie (-61,6%) et la Chine (-7,3%).
Le tableau reste contrasté : la Tunisie continue de subir le poids structurel de l’énergie dans sa balance commerciale, mais la bonne tenue des exportations industrielles et agroalimentaires laisse entrevoir un socle de résilience.