Le président de la République a placé la crise des caisses de sécurité sociale au cœur d’une réunion tenue au palais de Carthage avec le ministre des Affaires sociales. Face à la dégradation de la couverture sanitaire et aux déséquilibres financiers persistants, Kaïs Saïed a appelé à des solutions immédiates et à une remise à plat complète du système. Il a insisté sur le caractère fondamental du droit à la protection sociale et sur la nécessité d’un changement de cap profond.
Une situation jugée critique, notamment à la CNAM
Réuni lundi au palais de Carthage avec le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, le président de la République a longuement examiné l’état des caisses de sécurité sociale, avec un accent particulier mis sur la situation préoccupante de la Caisse nationale d’assurance maladie. Selon la présidence, l’échange a permis de dresser un constat alarmant sur le fonctionnement du système actuel et sur ses répercussions directes sur l’accès des citoyens aux soins.
Kaïs Saïed a estimé que la situation ne pouvait plus durer en l’état. Il a donné des instructions claires pour accélérer la recherche de solutions concrètes et immédiatement applicables, afin d’assurer une couverture sanitaire effective à l’ensemble des assurés sociaux, toutes catégories confondues.
Mettre fin aux blocages
Le chef de l’État a également insisté sur la nécessité de coordonner les efforts entre toutes les parties impliquées dans le système de la sécurité sociale. Pour lui, l’enchevêtrement des responsabilités et les dysfonctionnements administratifs ne doivent plus servir de prétexte à l’inaction.
L’objectif affiché est clair : lever les obstacles qui entravent le fonctionnement normal des caisses et mettre un terme aux difficultés quotidiennes rencontrées par les citoyens, notamment dans l’accès aux soins, aux remboursements et aux prestations sociales de base.
Kaïs Saïed a rappelé avec fermeté que la protection sociale et sanitaire ne relève pas d’un simple service administratif, mais d’un droit fondamental garanti aux citoyens. Il a jugé « inacceptable » que les institutions créées pour protéger les Tunisiens se retrouvent détournées de leurs missions premières ou incapables d’y répondre.
Dans ce sens, le président a souligné que la crise actuelle ne se résume pas à un problème financier, mais qu’elle touche au cœur même du contrat social et à la crédibilité de l’État dans sa capacité à protéger les plus vulnérables.
Une « nouvelle vision » pour rompre avec les choix du passé
Au-delà des mesures urgentes, le président de la République a appelé à repenser en profondeur le rôle et le fonctionnement des caisses sociales dans le cadre d’une nouvelle approche. Il a estimé que les orientations adoptées au cours des dernières décennies ont largement contribué à l’épuisement des équilibres financiers de ces organismes et à la dégradation de la qualité des services rendus.
Pour Kaïs Saïed, la réforme ne peut donc être cosmétique. Elle doit marquer une rupture nette avec les anciennes politiques et ouvrir la voie à un système plus juste, plus efficace et réellement au service des citoyens.
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