Le 20 février 2026, lors d’un entretien diffusé aux États-Unis avec le commentateur conservateur Tucker Carlson, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré qu’il serait « acceptable » qu’Israël s’étende aux territoires compris entre le Nil et l’Euphrate. Il évoquait une interprétation biblique des frontières israéliennes.
Face aux réactions, le diplomate a ensuite parlé d’une « déclaration quelque peu hyperbolique », tout en ajoutant que si Israël remportait une guerre et conservait ces terres, « ce serait une autre discussion ».
Nommé par le président américain Donald Trump, Huckabee n’a pas fait l’objet de commentaire officiel immédiat du département d’État après la diffusion de l’entretien.
Une référence couvrant plusieurs pays du Moyen-Orient
La zone mentionnée correspond à un espace allant de l’Égypte jusqu’à l’Irak et inclurait notamment le Liban, la Syrie et la Jordanie, ainsi que des portions d’autres États de la région.
Connu pour ses positions favorables à Israël et son engagement dans le courant chrétien sioniste, le diplomate a justifié sa position par ce qu’il considère comme un droit historique et religieux du peuple juif à la terre. Il a également critiqué la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice, estimant qu’elles ne seraient plus appliquées de manière équitable.
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Un contexte juridique sensible
Depuis la Seconde Guerre mondiale, le droit international interdit l’acquisition de territoires par la force.
En 2024, la Cour internationale de justice a jugé que l’occupation des territoires palestiniens par Israël était illégale et devait cesser.
Israël contrôle par ailleurs le plateau du Golan syrien, annexé en 1981, une souveraineté reconnue uniquement par les États-Unis. Après la guerre de 2024 avec le Hezbollah, l’armée israélienne a également établi des positions militaires en plusieurs points au Liban.
Dans ce contexte, la question des frontières fait aussi l’objet d’un débat interne en Israël.
En 2023, le ministre des Finances Bezalel Smotrich avait suscité une controverse en apparaissant devant une carte incluant les territoires palestiniens ainsi que des parties du Liban, de la Syrie et de la Jordanie comme faisant partie d’Israël.
Netanyahu, sans parler explicitement d’une expansion régionale, a présenté à l’ONU une carte du Moyen-Orient où les territoires palestiniens n’apparaissaient pas comme entité distincte, tout en défendant un contrôle israélien durable entre la Méditerranée et le Jourdain.
Dans la mouvance nationaliste religieuse, certains élus évoquent également l’idée biblique d’un Israël aux frontières élargies — ce qui explique la sensibilité provoquée par les propos récents de l’ambassadeur américain.