La crise autour du détroit d’Ormuz continue de révéler les tensions entre Washington et plusieurs capitales européennes. Interrogé sur la position de la France, Donald Trump a adressé un message mêlant reconnaissance et pression à Emmanuel Macron, dans un contexte où les États-Unis cherchent à mobiliser leurs alliés pour sécuriser ce passage maritime stratégique.
« Je lui donne 8 sur 10 »
Lors d’un échange avec des journalistes, le président américain a été invité à commenter la coopération de la France dans la gestion de la crise. Donald Trump a répondu avec une formule qui a rapidement fait réagir :
« Sur une échelle de 0 à 10, je lui donne 8. Pas parfait… mais c’est la France. »
Cette remarque, mi-ironique mi-diplomatique, illustre la position particulière de Paris dans la crise actuelle : un allié des États-Unis, mais qui refuse de s’engager pleinement dans une escalade militaire contre l’Iran.
Washington veut rouvrir le détroit d’Ormuz
Depuis le début de la confrontation avec l’Iran, l’administration américaine cherche à constituer une coalition internationale pour sécuriser le détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole mondial.
Donald Trump a ainsi appelé plusieurs pays — dont la France, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud — à participer à des opérations navales destinées à garantir la liberté de navigation dans cette zone stratégique du Golfe.
Pour Washington, l’objectif est clair : empêcher toute perturbation durable du trafic pétrolier et du commerce maritime international.
La prudence de la France et de l’Europe
La position française reste toutefois plus nuancée. Paris privilégie une approche centrée sur la protection des navires marchands et la sécurité de la navigation, tout en évitant de transformer cette mission en participation directe à la guerre contre l’Iran.
Cette prudence reflète une tendance plus large au sein de l’Europe. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a estimé que le conflit avec l’Iran « n’est pas une affaire pour l’Otan », marquant la volonté de Berlin de ne pas s’engager dans une coalition militaire élargie.
Au Royaume-Uni, le gouvernement a indiqué travailler à des mesures de sécurisation de la navigation dans le Golfe, tout en précisant qu’il ne souhaitait pas être entraîné dans une guerre élargie contre l’Iran.
Une fracture transatlantique
La remarque de Donald Trump sur Emmanuel Macron intervient donc dans un contexte de divergences entre Washington et plusieurs capitales européennes.
D’un côté, les États-Unis cherchent à élargir leur soutien international dans le Golfe. De l’autre, l’Europe privilégie pour l’instant une approche plus diplomatique et défensive.
Au-delà de la crise iranienne, le débat autour du détroit d’Ormuz révèle ainsi une question plus large : jusqu’où les alliés européens sont-ils prêts à suivre la stratégie américaine au Moyen-Orient.
Trump on Macron: On a scale of 0 to 10, he has been an 8. pic.twitter.com/faHcBMSW35
— Syed Muhammad Haseeb (@s79569_syed) March 16, 2026
Lire aussi: