L’éléphante Baby, pensionnaire du parc zoologique du Belvédère à Tunis, est décédée hier, ont confirmé plusieurs sources. Baby était arrivée dans le zoo tunisien en mai 2023, offerte en don par un intervenant privé dans le cadre d’une initiative visant à renforcer le cheptel animal du parc après plus de vingt ans sans éléphant dans ses enclos.
Baby avait environ 40 ans au moment de sa mort. La nouvelle de son décès a été faite publique par Mohamed Attia, l’intermédiaire impliqué dans son transfert en Tunisie, qui a indiqué qu’une autopsie allait être réalisée afin de déterminer les causes exactes du décès. Il n’a pas exclu la possibilité de manquements dans les soins ou le suivi vétérinaire, mais aucune conclusion définitive n’a été rendue à ce stade.
Débat sur les conditions de vie des animaux captifs
L’éléphante était née en Afrique du Sud et avait vécu en Europe — notamment en France — avant d’être transférée à Tunis, suscitant à l’origine un certain engouement auprès du public et des visiteurs du parc.
À ce jour, les autorités du zoo et les services vétérinaires officiels n’ont pas publié de communiqué détaillé expliquant les circonstances précises du décès. Ce silence alimente les interrogations et les appels à la transparence, notamment de la part d’organisations de défense animale et d’observateurs indépendants qui demandent qu’un rapport vétérinaire complet soit rendu public pour tirer les enseignements de cette disparition.
La mort de Baby relance également le débat en Tunisie sur les conditions de vie des animaux captifs, en particulier des espèces sensibles et sociales comme les éléphants, dans certains établissements zoologiques. Des critiques antérieures avaient déjà pointé des problèmes structurels et de bien-être animal dans certains enclos, avant même le décès de l’éléphante.
Des citoyens alertent sur l’état des installations
En effet, la mort de Baby intervient dans un contexte déjà marqué par de vives critiques sur la situation générale du parc zoologique du Belvédère. Depuis plusieurs années, des associations de protection animale, des militants écologistes et des citoyens alertent sur l’état des installations, le manque de moyens, la vétusté de certains enclos et les conditions de détention de plusieurs espèces.
Ces critiques, régulièrement relayées sur les réseaux sociaux et dans les médias, appellent à une réforme en profondeur du parc, voire à une redéfinition de son rôle.
Dans ce climat, la disparition de l’unique éléphante du Belvédère ravive le débat sur la capacité des structures zoologiques tunisiennes à accueillir des animaux sauvages de grande taille, ainsi que sur la nécessité de renforcer la transparence, le suivi vétérinaire et les standards de bien-être animal.
Plusieurs observateurs estiment désormais que la publication des résultats de l’autopsie et d’un rapport officiel détaillé constitue un minimum indispensable pour faire la lumière sur les circonstances du décès et éviter que de tels drames ne se reproduisent.
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