La Cité de la culture a accueilli mardi 31 mars un récital de très haute tenue lors d’une soirée organisée en partenariat par les ambassades du Japon et d’Autriche en Tunisie en présence d’un public de mélomanes.
Très attendues par l’assistance, Tomoko Mayeda et Yuumi Yamaguchi sont deux musiciennes japonaises vivant en Autriche depuis un quart de siècle. Versées dans le classique, elles gardent également un œil attentif sur les compositeurs japonais à l’image de Nobu Koda et Toru Takemitsu dont des pièces ont été interprétées par les deux artistes.
Au violon, Tomoko Mayeda a excellé à tous points de vue. Portée par le piano de Yuumi Yamaguchi, la soliste s’est exprimé avec enthousiasme et énergie, mariant harmonies classiques et réminiscences nippones.
La grande découverte de cette soirée qui fera date, concerne les compositeurs japonais dont des extraits du répertoire ont été mis à l’honneur. C’est une première pour le public tunisien qui initié aux instruments traditionnels japonais, a pu se rendre compte du talent indéniable des compositeurs japonais de tradition classique.
Interprétée à merveille, la pièce de Toru Takemitsu intitulée Mer au printemps fut l’un des temps forts de la soirée. Limpide, concrète et foncièrement impressionniste, cette œuvre composée en 1929 a conjugué Orient et Occident dans une fusion remarquable.
Le récital était d’ailleurs structuré en deux parties : la première mettant à l’honneur les classiques japonais et la seconde opérant un retour vers les siècles de Mozart et de la grande musique européenne.
Ouvert par le premier mouvement d’une sonate de Nobu Koda, le récital a culminé avec les trois mouvements de Magie d’amour, une composition de Yuumi Yamaguchi dans laquelle elle puise son inspiration dans la Flûte enchantée de Mozart et des arcanes impromptus que la pianiste a restitué avec grâce et ferveur.
Comme un songe d’une nuit de printemps fusionnant Vienne et Tokyo, ce récital d’une rare intensité a tenu toutes ses promesses et plus encore. Car là où nous n’attendions que deux virtuoses, nous avons trouvé de larges horizons ouverts sur la tradition classique japonaise.
On en redemande, tout en félicitant les organisateurs et l’équipe du Théâtre de l’opéra qui, grâce à son travail de fond, contribue à donner à la Cité de la culture l’identité d’un bastion de la grande musique.