Le Bureau directeur de la Fédération tunisienne de natation a annoncé sa démission dans un communiqué publié vendredi soir. La présidente, son adjoint et la trésorière évoquent un climat de harcèlement et de pressions constantes ayant rendu leur mission impossible. Ils affirment se retirer après avoir transmis plusieurs dossiers sensibles à la justice.
Une démission sur fond de tensions persistantes
Dans un communiqué diffusé sur la page officielle de la fédération, les trois responsables expliquent qu’ils ne sont plus en mesure d’honorer leurs engagements ni de concrétiser les promesses ayant motivé leur élection.
« Nous ne pouvons pas accomplir ce pour quoi vous nous avez élus alors que nous faisons face à des attaques quotidiennes, au vu et au su de l’autorité de tutelle », indiquent-ils.
Ils annoncent ainsi « restituer la responsabilité à ses détenteurs », se disant contraints de quitter leurs fonctions après avoir subi « harcèlement et menaces quotidiennes » émanant, selon eux, de personnes impliquées dans des dossiers transmis à la justice.
Des dossiers explosifs et des accusations graves
Les démissionnaires affirment avoir pris les rênes de la fédération dans une période particulièrement critique, marquée par plusieurs affaires sensibles touchant des nageurs de haut niveau.
Ils citent notamment des situations ayant affecté des figures de la natation tunisienne, évoquant des cas de perte de confiance dans l’institution, de tentatives de changement de nationalité sportive, ou encore de litiges financiers non résolus.
Selon le communiqué, l’équipe dirigeante dit avoir découvert des irrégularités administratives et financières graves, allant de la mauvaise gestion à la disparition de documents officiels et à la rupture des échanges avec les instances internationales.
Elle accuse également certains employés d’avoir divulgué des informations internes contre rémunération, tout en affirmant que des manœuvres auraient visé à pousser des nageurs d’élite à quitter la Tunisie.
« Nous avons tenté de remettre de l’ordre »
Face à ces dérives, les responsables démissionnaires affirment avoir engagé des procédures disciplinaires et judiciaires contre les personnes impliquées, malgré les pressions et les obstacles rencontrés.
« Nous avons eu l’honneur de rétablir les choses et de rendre les droits à leurs propriétaires », soulignent-ils, insistant sur les efforts fournis pour redresser la situation et restaurer l’image de la natation tunisienne sur les plans régional et international.
Ils assurent avoir mobilisé des ressources humaines et fait appel à des compétences tunisiennes à l’étranger pour relancer la discipline.
Un départ amer et un appel implicite
Malgré ces efforts, les signataires estiment ne plus pouvoir poursuivre leur mission dans un environnement qu’ils jugent hostile. « Nous ne pouvons pas construire alors que les corrompus opèrent librement dans les couloirs du ministère », écrivent-ils.
Ils concluent leur communiqué en présentant leurs excuses et en exprimant leur espoir de voir la natation tunisienne retrouver un avenir meilleur.
Cette démission collective ouvre une nouvelle zone d’incertitude pour la gouvernance de la discipline, déjà fragilisée par des tensions internes et des accusations de mauvaise gestion.