La ministre des Finances Michket Slama Khaldi a reçu, hier l’ambassadeur des États‑Unis Bill Bazzi au siège du Ministère des Finances pour évoquer les perspectives de coopération financière et technique. Officiellement, il s’agissait de renforcer les liens institutionnels ; en pratique, Washington confirme sa volonté d’élargir son empreinte économique en Tunisie, après des investissements dans des secteurs comme la culture, l’industrie et le transport.
De l’économie visible au levier financier
Depuis plusieurs mois, les États‑Unis ont multiplié les initiatives dans des secteurs stratégiques : transport, industrie, culture. Ces engagements visaient à soutenir des projets structurants et à renforcer la présence américaine dans des domaines à forte visibilité.
Avec cette rencontre au ministère des Finances, la coopération prend une nouvelle dimension : le cœur de l’économie tunisienne devient le nouvel axe d’intervention. L’accent est mis sur les mécanismes financiers, l’ingénierie technique et la création d’opportunités d’investissement structurantes.
Le communiqué officiel souligne la volonté commune « d’élargir les opportunités d’investissement ». Derrière cette formule diplomatique, l’enjeu est clair : attirer davantage de capitaux américains, renforcer l’expertise locale et soutenir des projets à long terme dans l’économie tunisienne.
Pour Tunis, ce partenariat représente une chance de sécuriser des financements stratégiques et de diversifier ses sources d’investissement. Pour Washington, il s’agit de consolider sa présence économique dans un pays considéré comme un point d’ancrage régional et un tremplin pour d’autres opportunités en Afrique du Nord.
Une relation historique qui se structure
Les deux parties ont rappelé les liens historiques entre la Tunisie et les États‑Unis. Mais le message dépasse le symbolique : la coopération vise désormais des résultats concrets dans l’économie réelle. Après la culture et le transport, la finance devient le nouveau terrain d’action, capable de structurer la relation bilatérale pour les années à venir.
Cette dynamique traduit une stratégie américaine claire : aller au-delà des projets ponctuels pour investir dans la structure même de l’économie tunisienne, et créer des effets de levier durables.
En filigrane, cette rencontre illustre la volonté de faire évoluer la relation tuniso‑américaine : d’un partenariat institutionnel et sectoriel à un engagement économique stratégique. Les prochains mois pourraient ainsi marquer le lancement de projets financiers concrets et de collaborations techniques capables de transformer l’écosystème économique tunisien.
Pour la Tunisie, l’enjeu est double : attirer des capitaux, sécuriser des expertises et renforcer sa crédibilité économique sur le plan international. Pour Washington, il s’agit de consolider son influence et son rôle de partenaire stratégique dans une région clé.