En 2025, 498 Tunisiens ont été expulsés d’Allemagne, un chiffre inédit qui place cette année sous le signe d’un renforcement spectaculaire des retours forcés. Selon le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), ces expulsions représentent un véritable record historique et soulignent l’intensification des politiques migratoires allemandes à l’égard des ressortissants tunisiens.
Des chiffres en constante progression
Les statistiques, compilées par le FTDES, révèlent une progression continue des expulsions au cours des dernières années. Alors que 140 retours forcés étaient enregistrés en 2020, leur nombre a bondi à 283 en 2021, puis se sont établis à 227 en 2022. L’année 2023 a vu 273 expulsions, suivies de 293 en 2024, avant d’atteindre les 498 en 2025 (+70% par rapport à 2024).
Le FTDES précise que certains renvois non déclarés pourraient ne pas être inclus dans ces chiffres, suggérant que l’ampleur réelle du phénomène pourrait être encore plus importante.
L’accord bilatéral et ses limites
Ces expulsions s’inscrivent dans le cadre de l’accord signé en 2017 entre la Tunisie et l’Allemagne, qui organise la coopération bilatérale pour le retour des migrants en situation irrégulière. Toutefois, le FTDES critique la manière dont ces retours forcés sont appliqués, dénonçant une opacité des procédures et l’absence de garanties pour les personnes concernées. Selon l’organisation, ces pratiques exposent les expulsés à des situations de vulnérabilité à leur retour et questionnent le respect des droits fondamentaux.
Pour le FTDES, cette tendance record reflète un contexte européen plus strict, où de nombreux États membres durcissent leurs politiques migratoires et accélèrent les procédures de retour. L’organisation appelle à un renforcement de la transparence et à la mise en place de mécanismes de suivi indépendants pour s’assurer que les expulsions respectent les droits humains.
Ce record d’expulsions met également en lumière la fragilité des protections juridiques pour les migrants tunisiens en Europe. Alors que la Tunisie cherche à protéger ses ressortissants à l’étranger.