Les enseignants du secondaire ont marqué une participation massive lors des grèves régionales, réaffirmant leur volonté de défendre leurs droits syndicaux tout en appelant à un dialogue constructif avec les autorités pour répondre à leurs revendications, annonce l’UGTT.
La Fédération générale de l’enseignement secondaire, affiliée à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a annoncé le succès des grèves régionales organisées dans plusieurs gouvernorats. Selon le communiqué officiel, la participation des enseignants a dépassé 75%, illustrant la détermination du corps enseignant à faire respecter ses acquis et à promouvoir l’amélioration des conditions de travail, rapporte Echaâb News, organe médiatique de la centrale syndicale.
Pour la rentrée scolaire 2025-2026, la Tunisie compte environ 160.000 enseignants tous cycles confondus. Le secondaire et les collèges représentent près de 55% du corps éducatif, soit environ 88.000 professeurs. Ainsi, un taux supérieur à 75% correspond à plus de 65.000 enseignants mobilisés, nous précise le secrétaire général de la Fédération, Mohamed Safi,ce qui donne une portée nationale au mouvement.
Une mobilisation organisée sur trois jours
La mobilisation a été planifiée selon une répartition géographique sur trois jours : le 16 février pour les régions du Nord, le 17 février pour celles du Centre et le 18 février pour les régions du Sud. Chaque étape correspondait à une journée complète de grève dans les établissements concernés. Cette formule a permis d’étendre la mobilisation à l’échelle nationale tout en la fragmentant régionalement, afin d’assurer un impact significatif tout en limitant le chaos organisationnel.
Ajustement de la stratégie syndicale
Cette action s’inscrit dans le cadre d’un ajustement stratégique de la fédération. En novembre 2025, elle avait opté pour le boycott des examens, une mesure à fort impact. Début février 2026, lors d’une réunion de son instance administrative, cette décision a été suspendue au profit des grèves régionales successives, permettant de maintenir la pression sur le ministère de l’Éducation tout en diversifiant les formes de mobilisation.
Le syndicat entend ainsi obtenir l’application des accords déjà conclus et ouvrir de nouvelles discussions sur les conditions de travail et la situation générale de l’école publique. Parmi les préoccupations majeures figure la montée de la violence dans les établissements scolaires, jugée sous-estimée par les autorités, et pour laquelle aucune réponse structurelle durable n’a été mise en place.
Impact sur les élèves
Pour les élèves et leurs parents, ces arrêts successifs signifient des journées sans cours, une désorganisation du calendrier pédagogique et une incertitude persistante quant à la suite du mouvement. Si le boycott des examens a été temporairement levé, la tension sociale dans le secteur éducatif reste vive, laissant ouverte la possibilité de nouvelles actions en cas d’échec des négociations.
Malgré les contraintes, les grèves ont été organisées de manière structurée, avec le soutien des structures syndicales locales et nationales sans impact réel sur les élèves, selon la Fédération. L’action a permis de sensibiliser l’opinion publique sur les besoins du secteur éducatif et sur les revendications liées à la rémunération, aux perspectives professionnelles et aux conditions d’exercice dans l’enseignement secondaire.