Un Conseil ministériel restreint consacré au développement du transport public s’est tenu ce lundi 12 janvier 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah, sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri. Cette réunion s’inscrit dans la continuité du suivi des réformes engagées pour redresser un secteur jugé stratégique mais fragilisé par des décennies de politiques jugées inefficaces.
Dès l’ouverture des travaux, la cheffe du gouvernement a souligné que la réforme du transport public ne relevait pas de solutions conjoncturelles ou partielles, mais constituait un choix stratégique de l’État. L’objectif affiché est de reconstruire un système de transport public profondément dégradé, à travers une vision globale reposant sur des réformes structurelles, un plan d’action à court, moyen et long termes, et la mobilisation des budgets nécessaires à l’investissement dans ce secteur vital pour l’économie nationale et le rôle social de l’État.
Les discussions ont principalement porté sur la refonte du secteur public du transport, en particulier le transport terrestre, ainsi que sur l’amélioration des performances des entreprises publiques et de la qualité des services fournis aux usagers. Le gouvernement vise ainsi à adapter l’offre de transport aux besoins réels des citoyens et à garantir des conditions de déplacement plus sûres et plus confortables sur l’ensemble du territoire.
À court terme, des mesures urgentes ont été arrêtées afin d’alléger les difficultés quotidiennes rencontrées par les citoyens. Elles portent notamment sur le renouvellement du parc des bus et des rames de métro, dont l’état de vétusté s’est aggravé au fil des années. Dans ce cadre, le ministre des Transports, Rachid Amari, a présenté un état des lieux détaillé des dysfonctionnements du secteur, marqués par un sous-investissement chronique, une infrastructure dégradée et une chute préoccupante des taux de disponibilité de la flotte dans plusieurs sociétés régionales de transport.
Pour y remédier, un programme d’investissement d’urgence a été lancé. Il prévoit la réception de 461 nouveaux bus au cours du premier trimestre 2026, livrés par tranches à partir de la fin du mois de janvier. Ces véhicules seront répartis de manière équitable entre les régions, selon des critères objectifs et transparents, tenant compte des besoins réels de chaque gouvernorat, avec une priorité accordée au désenclavement des zones marginalisées.
Appel d’offres international
Par ailleurs, le Conseil a autorisé les sociétés régionales de transport et la Société nationale de transport interurbain à lancer un appel d’offres international pour l’acquisition de 621 bus supplémentaires au titre de l’année 2026. Cette commande comprendra des bus urbains et régionaux, des bus à usage mixte pour le transport scolaire et universitaire, des minibus destinés aux zones à relief difficile, ainsi que des bus climatisés pour les liaisons interurbaines afin de renforcer l’intégration territoriale.
Le Conseil a également décidé de renforcer la maintenance de la flotte à travers un programme de suivi régulier et systématique, tout en accélérant la digitalisation du secteur. Celle-ci portera notamment sur l’optimisation de l’exploitation des lignes, la gestion des carburants, de la maintenance et des stocks, ainsi que sur l’amélioration de l’information des voyageurs grâce à des écrans dans les grandes stations, des applications mobiles et une plateforme électronique permettant de consulter les horaires et l’arrivée des véhicules en temps réel.
La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’accompagner ces investissements matériels par une réforme globale de la gouvernance du secteur, la restructuration des entreprises publiques de transport et le développement des infrastructures. Elle a également réaffirmé que le transport ferroviaire, urbain et interurbain, constitue un choix stratégique de l’État, en raison de sa rentabilité et de son rôle central dans la mobilité durable.
Laa cheffe du gouvernement a assuré que la politique de l’État en matière de transport public connaîtra un changement profond par rapport aux orientations adoptées au cours des dernières décennies, avec pour ambition d’améliorer durablement la qualité des services et de répondre aux attentes légitimes des citoyens.
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