La Tunisie a lancé un dispositif renforcé de surveillance sanitaire dans les aéroports, ports et postes frontaliers terrestres afin de prévenir tout risque d’introduction des virus Ebola et Hantavirus. Cette décision s’inscrit dans une stratégie de vigilance épidémiologique et de protection de la sécurité sanitaire nationale, selon les autorités sanitaires.
Le directeur général du Centre national de pharmacovigilance, le docteur Riadh Dghafous, a indiqué que ce protocole concerne principalement les voyageurs en provenance de pays ayant enregistré des foyers épidémiques récents. Il repose sur une série de contrôles sanitaires dès l’entrée sur le territoire tunisien.
Tests de dépistage de type PCR
Parmi les premières mesures mises en place figurent la prise de température et la réalisation de tests de dépistage de type PCR pour certains cas suspects, notamment en lien avec Ebola. L’objectif est d’assurer une détection rapide et une prise en charge immédiate en cas de suspicion.
Des espaces dédiés à l’isolement sanitaire ont également été aménagés. En cas de résultat positif ou de suspicion sérieuse, les personnes concernées peuvent être transférées vers ces structures spécialisées. Les autorités assurent que des équipes qualifiées sont mobilisées pour encadrer ces dispositifs et garantir la continuité de la prise en charge.
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La mise en place de ce dispositif a été actée lors d’une réunion tenue au ministère de la Santé, consacrée à l’évolution de la situation épidémiologique mondiale. Cette réunion a rassemblé des représentants des ministères de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et du Transport, ainsi que des structures aéroportuaires et des experts du secteur sanitaire.
Pas d’inquiétude particulière à ce stade
Selon les autorités, la situation épidémiologique mondiale liée à l’Ebola et au Hantavirus ne suscite pas d’inquiétude particulière à ce stade, mais elle justifie un maintien d’un niveau élevé de vigilance.
Concernant le Hantavirus, les autorités rappellent qu’il s’agit d’un virus connu depuis plusieurs décennies, principalement transmis par les rongeurs. La transmission interhumaine reste rare. Les formes les plus sévères peuvent toucher les reins ou les poumons selon les souches, avec des taux de mortalité variables.
Il n’existe pas actuellement de vaccin contre le Hantavirus. La prise en charge repose essentiellement sur le traitement des symptômes et la gestion des complications. Les cas graves peuvent nécessiter une assistance respiratoire ou une dialyse.
Les autorités sanitaires insistent également sur les mesures de prévention, notamment lors du nettoyage de locaux susceptibles d’être contaminés par des excréments de rongeurs. Elles déconseillent le balayage à sec, qui peut disperser des particules infectieuses dans l’air, et recommandent un nettoyage humide avec des produits désinfectants.
Le virus reste circonscrit à certaines zones en Afrique
S’agissant d’Ebola, les responsables sanitaires rappellent que ce virus reste circonscrit à certaines zones en Afrique. Le principal vecteur animal identifié n’est pas présent en Tunisie, et aucun cas n’a été enregistré dans le pays à ce jour.
L’Organisation mondiale de la santé Organisation mondiale de la santé impose par ailleurs des restrictions strictes sur les déplacements des personnes présentant des symptômes dans les zones touchées, afin de limiter les risques de propagation internationale.